‹ Esprit des lois, livres I-V;Chapitre 95 sur 279 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De la promptitude de l'exécution dans la nion«chie.

Le gouvernement monarchique a un grand avantage sur le républic'ain : les affaires étant menées par un seul, il y a plus de promptitude dans l'exécution. Mais comme cette promptitude pourrait dégénérer en rapidité, les lois y mettront une certaine lenteur. Elles ne doivent pas seulement favoriser la nature de chaque constitution, mais encore remédier aux abus qui pourraient résulter de cette môme nature.

Le cardinal de Richelieu (6) veut que l'on évite dans les monarchies les épines des cumpagnies, qui forment des difficultés sur tout. Quand cet homme n'aurait pas eu le despotisme dans le cœur, il l'aurait eu dans la tête '"■'.

Les corps qui ont le dépôt des lois ^"^ n'obéissent jamais mieux que quand ils vont à pas tardifs, et qu'ils apportent

a. Elle ne le permet qu'au peuple. Voyez la lo' troisième, au code de Comnu de Mercatoribus, qui est pleine de bon sens.

b. Testament p'iVUique.

i60 DE L'ESPRIT DES LOIS.

dans les affaires du prince cette réflexion qu'on ne peut guère attendre du défaut de lumières de la cour sur les lois de l'État, ni de la précipitation de ses conseils (a).

Que serait devenue la plus belle monarchie du monde, si les magistrats, par leurs lenteurs, par leurs plaintes, par leurs prières, n'avaient arrêté le cours des vertus mômes de ces r .is, lorsque ces monarques, ne consultant que leur grande âme, auraient voulu récompenser sans mesure des services rendus avec un courage et une fidélité aussi sans mesure?

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