‹ Esprit des lois, livres I-V;Chapitre 96 sur 279 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

De l'eicellence du gouvernement monarchique.

Le gouvernement monarcliique a un grand avantage sur le despotique. Comme il est d^ sa nature qu'il y ait sous le prince plusieurs ordres qui tiennent à la conslitution, l'État e4 plus fixe, la constitution plus inébranlable, la personne de ceux qui gouvernent plus assurée.

Cicéron (6) croit que l'établissement des tribuns de Rome fut le salut de la république. « En effet, dit-il, la force du « peuple qui n'a point de chef est plus terrible Un chef sent « que l'aflaire roule sur lui, il y pense ; mais le peuple, dans « son impéluosilé, ne connaît point le péril où il se jette. » Ou paut appliquer celle réflexion à un Étal despotique, qui est un peuple sans tribu tis; et à une monarchie, où le peuple a en quelque façon des tribuns.

En effet, on voitparlout que dans les mouvements du gouvernement despotique le peuple, mené par lui-même, porte toujours les choses aussi loin qu'elles peuvent aller ; tous les di>sordres qu'il commet sont extrêmes; au lieu que dans les monarchies les choses sont très rarement portées à l'excès. Les chefs craignent pour eux-mêmes; ils ont peur d'être

a. B'irbaris cunctatio servilis; statim exequi regium videtw. (Tacite, Annal.,' liv. Y, g 32.) « Pour les barbares, la temporisatioQ est quelque chose de serlile : obéir vite leur paraît royal. »

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