INTRODUCTION
ils descendaient d'une de ces familles que la révocation de l'Édit de Nantes avait forcées à se réfugier en Angleterre. C'est tout dire, et l'on connaît la ténacité des souvenirs chez ces bannis. Quoi qu'il en soit, il nous est doux de penser qu'il y avait du sang français dans les veines de cet homme auquel nous avons voué une si vive, une si profonde admiration. Oserons-nous ajouter que le P. Faber était le septième enfant de sa mère, et que les partisans des nombreuses familles trouvent dans son génie un argument de plus contre leurs adversaires. Ce septième enfant n'eut rien de rachitique ; ce septième enfant fut certainement l'une des plus brillantes intelligences de son temps. Ses premières années purent faire présager ce qu'ii serait un jour. Au milieu de ses vivacités et de ses ardeurs, qui étaient charmantes, il fut aisé de deviner que le sens religieux serait la dominante de son âme. Chez lui, d'ailleurs, la religion n'était pas calme et reposante, mais agitée et fébrile. Il faut tout dire : l'époque où il vivait n'était pas faite pour donner satisfaction à ses désirs enflammés. C'était en 18-20-1830. Le piélisme se développait au sein du clergé anglican, fatigué de considérer uniquement la foi comme une simple morale à l'usage des honnèles gens. Au naturalisme du siècle précédent, beaucoup d'âmes souhaitaient de faire succéder une sorte de mysticisme évangélique, plus conforme à l'esprit des Saintes-Lettres et aux traditions de l'antiquité. Parmi les Pasteurs, les uns demeuraient soumis à l'ancienne école; les autres se rangeaient dans la nouvelle. C'était l'anarchie, ci l'âme du jeune Faber allait souffrir étrangement de ces déchirements de son église. Mais ils devaient un jour le conduire à l'Église.