INTRODUCTION
il fit ses études à Harrow, et n'avait pas vingt ans quand il fut immatriculé au collège de Balliol, à Oxford. Tous ses premiers souvenirs roulent sur ces deux pôles : Harrow, Oxford. Il exerçait dès lors autour de lui ce charme auquel on pouvait difficilement se soustraire ; « Je ne sais « comment, dit un de ses amis de collège ; mais il est de « fait que Faber fascine tout le monde. » Le P. Bowden, son dernier biographe, essaie de nous donner en traits vifs une idée de son héros à vingt ans : « C'était l'enfant d'Albion, à la taille élancée, au teint frais, aux yeux bleus, vifs et intelligents. » Et il ajoute que « cette charmante figure fine et allongée, avec une légère pointe de fierté, était en parfaite harmonie avec cette chaste et poétique adolescence. » 11 ne faut pas s'étonner que Dieu ait ainsi béni cette âme entre toutes, et qu'il l'ait choisie d'avance avec une sorte de zèle jaloux. La chasteté de cette belle jeunesse nous explique tout ; Dieu aime les cœurs purs, lesamesblanches.il est à peine utile d'ajouter que le jeune Oxfordien était tout en pente vers le piétisme, et l'on se figurerait trop malaisément que Faber eût alors donné dans la grande erreur naturaliste. Nous avons dit ailleurs que ses ouvrages sont à la fois d'un théologien et d'un poète : dès sa première jeunesse, il aimait en effet à écrire des vers sur la riche nature dont il était entouré, et se plaisait à considérer Wordsworth comme son maître. C'était un lakiste. Et voici que nous possédons déjà tous les éléments de cette belle âme que nous voudrions nettement faire connaître à nos lecteurs. Son ardeur religieuse va bientôt le conduire à une recherche obstinée de la véritable Église ; son lakisme va lui communiquer une poésie charmante, féconde et colorée, qu'il mettra au ser-