‹ Esprit du p. FaberChapitre 104 sur 435 · PREMIER CHANT A LA VIERGE · texte numérisé non relu

PREMIER CHANT A LA VIERGE

Marie, c'est Marie qui nous a apporté Jésus.

JetODS un regard en arrière sur notre vie passée. Quand sommes-nous arrivés à concevoir pour Jésus l'amour ardent et enthousiaste qui nous anime aujourd'hui ? quand cette piété a-t-elle pris naissance en nous ? dans quels lieux, dans quelles circonstances ? et quels souvenirs s'associent à sa pensée ?

0 ma Mère ! ô ma Mère ! je vois comme des fils d'or qui sillonnent çà et là la trame de ma vie passée. Ils apparaissent partout ; il n'est pas un coin du tissu, pas un pli où je n'en voie briller. Ici le divin patron est effacé, là il est obscurci, et les fils d'or eux-mêmes sont ternis , mais ils ne sont pas rompus. Ils rattachent une partie à une autre et donnent de l'unité au tout.

Et lorsque je viens à montrer la trame entière à la lumière du jour, — peut-être ne vois-je pas clairement, car j'ai eu à verser des pleurs si amers sur ce triste passé, — mais il me semble que, depuis mon berceau entouré de la sombre atmosphère de l'hérésie jusqu'à l'âge mûr, les fils d'or reproduisent toujours en s'entrelaçant le doux nom de Jésus. Et de quelque manière que je regarde, de quelque côté que je tourne le tissu, je lis Jésus, Jésus, toujours Jésus, rien que Jésus. Et à qui le dois-je, si ce n'est à vous ?

Je n'ai jamais fait une communion sans vous en être redevable, ô tendre mère. Le tabernacle, le ciboire, l'ostensoir, tout est votre œuvre. La bonté même de ce mystère consiste en ce que c'est votre Jésus, et nul autre, que la Consécration reproduit ; oui, le corps même qui a été formé de votre sang, et non point un corps nouveau.

Et lorsque je viens à vous, aux jours de vos solennités, pour vous voir, pour admirer votre beauté, pour louer vos grâces, pour glorifier Dieu de tous les dons dont il vous a comblée, pour m'agenouiller devant vous et répandre à vos pieds tout mon cœur dans une prière, (car vous êtes toutepuissante dans votre intercession), vous avez avec vous Jésus et vous me le faites sentir lors même que sa pensée n'était pas présente à mon esprit : car dans mon cœur je ne cesse jamais de l'aimer

(Le Saint -Sacrement. 1, pp. 165-166.)

Page 1