‹ Esprit du p. FaberChapitre 111 sur 435 · L'ANNONCIATION DANS SES RAPPORTS AVEC LE- SACREMENT DE L'AUTEL · texte numérisé non relu

L'ANNONCIATION DANS SES RAPPORTS AVEC LE- SACREMENT DE L'AUTEL

Un grand nombre de personnes pieuses ont une dévotion spéciale au mystère de l'Annonciation et méditent sur ses caractères célestes, sur la prière nocturne de Marie, la visite et la Salutation angélique et les autres circonstances analogues. D'autres se sont arrêtés de préférence aux diverses perfectionqui se révélèrent à celte occasion dans la sainte Vierge, et par

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dessus tout à son calme sublime. Ils ont cherché à comprendre la force de cette humilité qui, dans un pareil moment, ne fut ni ébranlée ni troublée, et combien était parfaite la conformité a la volonté de Dieu de celle qui demeura tranquille et calme sous l'effet d'un mystère aussi ineffable. D'autres l'ont considéré comme le point de départ du rosaire, et se sont arrêtés de préférence sur le fait même de l'Incarnation qui les remplissait d'étonnement... Il n'y a qu'un instant, le sang vierge de Marie n'appartenait encore qu'à elle seule. La jeune fille immaculée n'avait point encore été revêtue de la prérogative unique d'être à la fois vierge et mère. Mais un moment a suffi pour tout changer ; du plus pur sang de Marie le Saint-Esprit a formé de sa main le corps sacré de Jésus, corps parfait dans chacun de ses membres, dont toutes les proportions étaient pleines de symétrie, admirablement adaptées aux souffrances les plus aiguës et les plus intenses, et revêtues en même temps de la beauté la plus exquise. Il n'y a qu'un instant l'immense empire du néant s'étendait aux pieds de la puissance muette de Dieu, et pas un mot n'était encore tombé de la bouche du Très-Haut sur ces sombres et vastes abîmes. Les régions sans limites de toutes les créatures possibles étaient là ouvertes dans leur immensité ; mais nulle main n'était venue remuer leurs obscures profondeurs. Et soudain, plus brillante que la lumière du ciel, plus magnifique que la splendeur spirituelle et intellectuelle de tous les anges réunis, plus majestueuse que toutes les pompes et les mystères du reste de la création, l'âme humaine de Jésus jaillit du néant.

Il n'y a qu'un instant, le Verbe éternel existait, engendré par le Père de toute éternité, et du Père et de lui le Saint- Esprit procédait par une opération éternelle et ineffable. Toutes les natures créées étaient complètement séparées et distinctes de lui; il n'en avait encore revêtu aucune, et il n'avait point condescendu, s'il est permis de s'exprimer ainsi, à devenir une partie de sa propre création. Et maintenant,

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