LE SACREMENT EUCHARISTIQUE
Le Saint-Sacrement est Dieu. La dévotion au Saint-Sacrement est simplement le Culte divin. Envisageons-la de quelque côté que bon nous semble, jetons la lumière de l'amour et de la science tantôt sur une face et tantôt sur l'autre : le résultat sera toujours identique. Et ce sera toujours le même fait inépuisable autant que doux, la Présence réelle. Entre les mains du prêtre, sous le cristal de l'ostensoir, sur la langue du communiant, sur la nôtre, pour ainsi dire au gré de notre volonté, se trouvent les mains et les pieds, les yeux et la bouche, le sang qui circule et le cœur vivant de Celui dont Thomas sonda les plaies et que Madeleine voulut toucher; Celui dont l'âme vint rafraîchir les limbes par sa beauté éblouissante et qui brisa les fers de leurs prisonniers : en un mot, le Verbe éternel, incompréhensible, tout-puissant, qui est partout et pourtant qui est lixé là ; de. la gloire duquel nous ne pourrions supporter l'éclat et qui, pour l'amour de nous, consent à en éteindre les rayons et les renferme sous l'enveloppe mystérieuse du Saint- Sacrement
(Le Saint-Sacrement, I, pp. 123-124.)
Il existait parmi les Juifs une magnifique tradition rapportée par Philon et citée par Lancicius. Quand Dieu eut créé le monde, il demanda aux. Anges ce qu'ils pensaient de l'œuvre de ses mains. L'un d'eux répondit qu'elle était si vaste et si parfaite qu'il n'y manquait qu'une seule chose, à savoir, une voix, claire, puissante et harmonieuse, qui remplit tous les
coins du monde de ses chants délicieux, offrant ainsi jour et
nuit des actions de grâces à son Créateur pour ses bienfaits
sans nombre. Ali ! ils ne savaient pas, ces anges, combien le
Saint-Sacrement devait un jour remplir leur pensée bien au
delà de leurs vœux ! C'est pourquoi nos actions de grâces ne
doivent pas être un exercice de dévotion que nous suivions de
temps à autre : la voix de l'amour qui -vit sans cesse au fond
de notre cœur ne doit jamais se taire.
(Tout pour Jésus, p.'227.)