DÉVOTION AU SAINT-SACREMENT
La dévotion au Saint-Sacrement est la reine de toutes les dévotions. C'est un centre autour duquel toutes les autres viennent converger et se grouper comme autant de satellites : et, en effet, celles-ci sont destinées à rappeler ses mystères, tandis que l'Eucharistie a pour objet de célébrer Jésus lui-même, la Dévotion universelle. Nul ne saurait s'en dispenser s'il veut être chrétien : comment pourrait-il l'être, celui qui ne rend point hommage à la présence vivante de Jésus-Christ? C'est la dévotion de tous les pays, de tous les siècles, de tous -:es. Le caractère national n'y laisse point son empreinte. Elle demeure en dehors de toute influence de contrée, de sang
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ou de gouvernements ; elle convient également à tous les rangs, à tous les états, à toutes les professions, à tous les sexes, à tous les tempéraments individuels. Et il doit en être ainsi : car c'est le culte de Dieu converti en dévotion par Faddition des voiles sacramentels. De plus, c'est notre dévotion quotidienne. Tous nos instants lui appartiennent. Comme Sacrifice, l'Eucharistie est une expiation journalière; comme Sacrement, c'est le pain quotidien des fidèles. Elle est la raison d'être et l'objet de nombreux ordres religieux, dont toute la vie et toute l'énergie viennent se concentrer en elle. L'adoration de Jésus caché sous les voiles eucharistiques n'est jamais suspendue un seule instant dans le sein de l'Église. Il y a des villes où, aussitôt que le Saint-Sacrement a cessé de recevoir les hommages publics des fidèles dans un temple, ils s'empressent de les lui offrir dans un autre ; et jour et nuit les habitants veillent et prient en sa présence. Dans d'innombrables couvents, de douces victimes de réparation consacrent le silence des nuits à pleurer et à gémir devant son tabernacle solitaire. Il est des pays où de pieux séculiers, hommes et fommes, se réunissent en association pour se relever les uns les autres et prendre leur tour d'adoration partout, où ils peuvent se trouver. Tant dans notre hémisphère qu'à nos antipodes, si nous embrassons dans nos pieux calculs toute l'étendue de la terre, nous trouverons que les messes se succèdent sans interruption durant les vingt-quatre heures de la journée. Que dirai-je des innombrables préparations qui précèdent la messe ou la sainte communion, et des actions de grâces qui la suivent ? Si, à une heure donnée, il nous était possible de contempler le monde entier à la fois, nous verrions des multitudes sans fin dont le Saint-Sacrement absorbe le cœur et les pensées. La puissante influence de l'Eucbaristie sur la vie privée n'est pas moins admirable. On la retrouve sans cesse, contribuant à rendre les hommes plus heureux en les détournant du péché, adoucissant ce qui était amer, calmant ce qui