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LE SACRIFICE DE L'AUTEL

L'esprit de sacrifice est inséparable de nos devoirs, de nos obligations et de l'essence du système entier de la Religion chrétienne, qui est éminemment une religion de sacrifice. C'est lui qui a créé l'Église, c'est lui qui la conserve, qui la multiplie, qui la soutient; et qui circule dans ses veines comme le sang qui donne la vie. Le sacrifice résout toutes les difficultés que présentent ses dogmes : il est l'âme de ses mystères, la source de son ascétisme, et le type de son union mystique avec Dieu. Les rites sont l'action du sacrifice, la prière en est le langage, la contemplation, la pensée, et la mortification intérieure est le sacrifice lui-même. Le sacrifice est à l'Église ce que l'âme est au corps : elle est tout entière dans le corps

1. Le P. Faber étudie tour à tour « la bénédiction, la résidence « dans le tabernacle, l'exposition, le viatique et la procession. » Il n'entrait pas dans notre plan de citer ces développements auxquels nous renvoyons volontiers le lecteur.

tout entier et toute entière dans chacune de ses parties ; et s'il est un membre où elle ait cessé de résider, ce membre cesse dès lors d'être une partie vivante du corps. Où la Messe n'est point, il n'y a point de Christianisme.

De quelque côté que nous nous tournions, nous rencontrerons le sacrifice. La vie extérieure de l'Église n'est autre chose que le sacrifice prêché de la manière la plus glorieuse et la plus positive. La Papauté elle-même est un martyre incessant, continuel, inébranlable. Pour un œil exercé l'Église est encore dans les catacombes, ou, si elle les a quittées, ce n'a été que pour chercher de nouvelles souffrances. Sainte Magdeleine de Pazzi nous apprend que Notre- Seigneur ayant trouvé toutes les jouissances dans le ciel, excepté la couronne du martyre, s'arracha au sein de son Père pour venir la chercher sur la terre.

Si nous pénétrons dans la vie intime de l'Église, nous nous trouvons face à face a^vec ces unions divines consommées dans la solitude, avec ces déserts peuplés par un amour silencieux, avec ces cloîtres sanctifiés par des vœux surnaturels et presque angéliques. Et plus nous descendons profondément dans chacune de ces choses, plus nous découvrons que tout n'est qu'un sacrifice concentré, transformé, spiritualisé, dont le secret se trouve dans la force vitale et dans l'énergie toute-puissante du Sacrifice de la Messe. Ce sacrifice rayonne partout, et fait tout pour tous. Il est donc trop étroitement lié à l'existence de l'Église pour être l'objet de ce que nous appelons une dévotion spéciale.

Les besoins des âmes varient presque à l'infini. Chez quelques-unes la grâce a développé de grands désirs qui renaissent plus puissants à mesure qu'ils sont comblés ; d'autres, malheureusement, n'ont besoin que de peu, et se contentent de moins encore. Mais, de même que le soleil verse sa lumière indistinctement sur les hommes et sur les animaux doués des facultés visuelles les plus variées, ainsi en est-il

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