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LIVRE HUl IÈ.ME. — L'EUCHARISTIE

du saint Sacrifice do la Messe. Il est à la hauteur de tous les besoins, embrasse tout , satisfait à tout, stimule tout. Nous trouvons en lui tout ce que nous pouvons souhaiter : notre pain de chaque jour, notre viatique pour l'éternité. Que le sacrifice quotidien de la Messe soit interrompu, aussitôt l'Église touchera à ces jours sombres et sanglants où l'Antéchrist établira son règne persécuteur. Faire des lois contre la Messe, lui prodiguer l'insulte, interdire les fondations, tout cela est de l'essence de la persécution.

De la même manière que toutes les âmes sont égales, ainsi la Messe est égale pour tous. Et de même que chaque degré de puisssance intellectuelle et chacun des glorieux dons de l'esprit, depuis le sublime génie du théologien jusqu'à l'entendement borné du paysan, de même que cette puissance intellectuelle, dis-je, est assurée et soutenue, autant qu'elle l'exige, mais point davantage, par l'âme immortelle ; ainsi l'édifice colossal de la perfection d'un saint, et les faibles efforts du pécheur qui essaye ses premiers pas dans la voie de la justice, trouvent tout ce dont ils ont besoin dans le sacrifice de la Messe.

L'adorable Sacrifice comble tous les vides, tous les abîmes dans le monde spirituel ; il lui est donné de tout remplir sur son passage. La plénitude est sa prérogative.

(Le Saint- Sacrement, i, pp. 135136. )

Que dirons-nous du double prodige du Sacrifice de la messe et du Sacrement de l'eucharistie ? Ici le Précieux Sang revêt la robe de l'ubiquité, et elle lui sied bien. Multiplié des centaines de milliers de fois, ne demeure- t-ii pas tout entier, vivant et glorifié dans les hosties conservées au dedans de tous les tabernacles delà terre ? Dans combien de milliers de cœurs humains ne descend-il pas tous les jours, tout entier, vivant et glorifié dans les splendeurs de la réalité redoutable de la sainte com-

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munion ? Dans combien de milliers de calices ne se répand-il pas en quittant la retraite du Sacré Cœur au plus haut des cieux ? La révolution même de la terre sur elle-même, en produisant le jour et la nuit, selon ses différentes positions par rapport au soleil, ne sert-elle pas les ardents désirs du Précieux Sang?

Il est effrayant de penseraux grâces innombrables d'expiation qui découlent journellement du Sacrifice, comme aux grâces d'union qui découlent journellement du Sacrement. C'est ici le grand Laboratoire dans lequel le Précieux Sang produit les Saints.

Au centre des Cordillères des Andes, on voit des montagnes immenses, entrelacées comme un vaste réseau, s'élevant les unes au-dessus des autres, et qui sont toutes couvertes de forêts gigantesques. Le condor, en planant au plus haut des airs, abaisse son œil sur un océan d'impénétrable feuillage, sans pouvoir rencontrer uu intervalle par où son regard puisse percer à l'intérieur de cet abîme de verdure. Ainsi, le Précieux Sang, dans la Messe et dans la Communion, revêt l'Église de cette fécondité tropicale de grâce, comme nous pourrions l'appeler, et il cache les traits naturels du sol sous les amples replis de leur -verte surabondance.

Les tintements de la cloche de la Messe, comme d'autres paroles créatrices, changent tout l'aspect du monde matériel.

( Le Précieux Sang, pp. 320-321- )

Il n'est pas de catholique qui ne sache que les quatre grands devoirs du Culte que la créature doit rendre à son Créateur, l'exposition de sa propre misère, l'intercession de sa charité pour ses frères, le respectueux ravissement de sa gratitude, l'intelligente et joyeuse reconnaissance du souverain domaine de Dieu sont offerts pour lui avec un mérite inlini et qui est équivalent à l'infinie dignité du Créateur lui-même, dans l'adorable Sacri-

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fice de la messe. La présence réelle et continuelle du Sauveur au milieu des fidèles, sa demeure persévérante dans l'obscurité du tabernacle, ses fréquentes bénédictions qui viennent sanctifier les soirs de nos jours fatigués comme la Messe avait répandu sur le matin sa lumière et son amour, sa familiarité qui recherche la société des hommes et se môle à eux avec un abandon que l'on comprend moins et qu'on apprécie davantage à mesure qu'on en jouit plus longtemps, n'en voilà-t-il pas assez pour faire entrer le monde entier dans l'ordre surnaturel, pour rendre aisé tout ce qui est difficile, pour éclairer ce qui est obscur, et pour nous recouvrir d'une invisible armure impénétrable aux traits de l'Enfer?

(Le Créateur et la Créature, p. 287.)

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