‹ Esprit du p. FaberChapitre 176 sur 435 · AU MOMENT DE L'ÉLÉVATION · texte numérisé non relu

AU MOMENT DE L'ÉLÉVATION

Lorsque le calice est élevé au-dessus de l'autel, le sang de Jésus y est dans toute sa plénitude, glorifié et battant des pulsations de sa véritable vie humaine. Le sang qui autrefois a coulé dans la grotte du jardin des Oliviers, qui s'est coagulé sur les fouets et sur les verges de la flagellation, qui s'est séché sur les cheveux du Sauveur, qui a trempé ses vêlements, qui

21 b' ESPRIT DU P. FABEH.

a laissé des taches sur la couronne d'épines, qui a arrosé le bois de la croix ; le sang que lui-même a bu dans sa propre communion le soir du jeudi ; le sang qui, la nuit du vendredi, a été répandu avec une prodigalité en apparence si insouciante sur le pavé de la perfide cité, ce sang, ce môme sang est vivant dans le calice, uni à la personne du Verbe Éternel, pour être adoré par nous dans le plus profond anéantissement de nos corps et de nos âmes. Les rayons du soleil levant pénètrent dans l'Église à travers les croisées; ils tombent un instant sur le calice découvert, et leur lumière laisse ses reflets timides et sans cesse agités s'y jouer comme parmi des pierres précieuses. Les yeux du prêtre s'arrêtent sur ce spectacle, et il semble que cette lumière rejaillisse jusque dans son cœur, fortifie sa foi cl enflamme son amour.

(Le Précieux Sang, p 32.)

Page 1