LIVRE HUITIÈME. — l'ëÛCHARISTIE
enseveli dans le sein du néant et paraître s'anéantir lui-même des millions de fois chaque jour; puis, la manière dont nous, misérables pécheurs, semblons être consultés à chaque pas ; nos besoins prévus, nos avantages assurés, et la Majesté de Dieu s'abaissant pour arriver à ces résultats que nous foulons indignement aux pieds ; la chair de Thomme-Dieu élevée, pour ainsi dire, au-dessus de son âme et attirant à sa suite la Divinité et la sainte Trinité qui vient lui faire honneur et l'accompagner ; enfin la puissance de ce monde mystérieux de création et d'annihilation miraculeuse, émanant des mains de Jésus pour être remis, presque au hasard, entre les mains d'une foule d'hommes doués d'une somme d'intelligence plus ou moins élevée et de qualités morales fort diverses : voilà, voilà le tableau que le mystère de la transsubstantiation offre à nos yeux étonnés.
Certes, c'est en présence d'un tel spectacle ou jamais, que l'on peut s'écrier avec Tertullien : « Piien ne nous donne une plus magnifique idée de Dieu que l'impossibilité de le comprendre; sa perfection infinie le révèle aux hommes, en même temps qu'elle le cache à leurs yeux. »
({Le Saint- Sacrement, I, pp. 70-83).