LIVRE HUITIÈME. — L EUCHARISTIE
que vos supérieurs ont récemment recommandées à vos prières; ou, si ce sont des personnes pour lesquelles vous, avez été invité à prier, demandez à Dieu de les assister dans les circonstances particulières qui les ont obligées à implorer votre aide.
VI. Notre devoir nous ordonne ensuite de faire divers Actes des différentes vertus qui ont rapport au Saint-Sacrement: 1° Un acte d'adoration. Rendez le culte que demande la Divinité à ce Sacrement ineffable qui est en ce moment au fond de votre cœur et dans toutes les églises répandues sur la surface du globe- La ferveur de cet acte d'adoration deviendra plus sensible encore si vous venez à songer à tous ces sanctuaires où le Saint-Sacrement ne reçoit que de faibles hommages, où il est comme prisonnier entre les mains des Grecs schismatiques, ou dans les pays où son culte est outragé par les péchés les plus graves. 2° Un acte de foi, reconnaissant Jésus-Christ, que vous venez de recevoir, comme vrai homme et vrai Dieu, et croyant fermement tous les dogmes que la sainte Église enseigne sur l'humanité et la divinité du Fils de Dieu, ou ceux que les hérétiques ont niés. 3° Un acte d'espérance. Attendez du Christ, notre Dieu et Cause nécessaire de tout bien, les dons naturels, ainsi que les grâces et la gloire surnaturelle, et espérez toutes ces faveurs, au nom des mérites de son humanité. 4° Un acte de charité. Embrassez-le d'abord dans toute la ferveur de votre volonté intérieure comme Dieu et comme homme. Ensuite, félicitons-nous de ce que la Divinité est tellement parfaite en elle-même, tellement au-dessus de nous, que nous ne saurions en concevoir une juste idée. En troisième lieu, réjouissons-nous en songeant que sa Divinité est l'objet de l'adoration et de l'amour des Anges et des Saints dans le ciel, et sur la terre des hommes justes; réjouissons nous de ce que son âme et son corps sont bénis dans les cieux d'une manière ineffable, et ornés de dons incomparables. En qua trième lieu, ressentons une vive douleur de voir son amour
blessé par tant de péchés passés, présents et à venir, dont tant de chrétiens, et nous les premiers, ne cessons de l'assaillir ; gémissons surtout en songeant à tous ces malheureux pour lesquels Jésus a tant fait et tant souffert, et qui se sont perdus de leur plein gré, par leur propre perversité ; en tin, animés de l'amour le plus tendre, formons le désir de voir le plus tôt possible tous les péchés et toutes les imperfections disparaître de ce monde, le nombre des justes grandir de jour en jour et les Saints continuer avec persévérance à avancer dans la voie de la Perfection. Souhaitons que les infidèles et les hérétiques rentrent dans le sein de l'Église, et que Dieu et Jésus- Christ considéré comme homme, reçoivent de la part des créatures les honneurs et l'amour que Dieu demande pour luimême et pour la sainte humanité de son Fils.
VII. Nous devons contempler dans Notre-Seigneur, envisagé comme Dieu, les attributs de sa divinité et ses autres perfections, et formuler divers Actes à ce sujet. Considérons d'abord son indépendance, ou selon le langage des théologiens son asséité, en vertu de laquelle il existe par lui-même, et demandons la grâce de ne dépendre que de lui seul et de nos supérieurs, uniquement pour lui. Puis, réfléchissons sur son Éternité, et implorons de lui une vie longue, afin de le servir longtemps et de souffrir beaucoup pour lui. Tournons ensuite notre attention vers son Omniprésence : désirons du fond du cœur qu'il soit connu et aimé en tout lieu, et faisons un acte fervent d'amour et d'adoration pour réparer tous les péchés qui se commettent en ce moment dans le sanctuaire sans limites de sa sainte et redoutable immensité. Après, nous pourrons admirer la Fécondité avec laquelle Notre-Seigneur tire des effets si ad-mirablesde l'ordre naturel et de l'ordre surnaturel, et lui demander, dans l'un comme dans l'autre, des grâces de toute espèce, afin de devenir nous-mêmes un appât qui attire les hommes à son amour, un filet qui les retienne captifs. Considérons sa Sagesse infinie, et prions-le de nous rendre sages eu ce qui con-