LIVRE HUITIÈME. — L'EUCHARISTIE
cerne notre instruction ou celle des autres, de répandre sur nous les dons de conseil et de prudence, avec l'esprit de discernement, et d'accorder à toute notre Congrégation l'avancement dans la vertu et les progrès dans les études théologiques, sans lesquelles nous ne saurions travailler avec fruit au salut des âmes. Méditons ensuite sur la Bonté de Dieu, et prions, afin que dans nos actions il ne voie rien qui ne soit bon ; mais il n'en sera ainsi que lorsque toutes nos actions seront faites librement, sans imperfections et pour une fin surnaturelle, qui est Dieu lui-même. Puis, nous passerons à la génération ÉTERNELLE ET A LA PERSONNE DU VERRE en Vertu desquelles il est constitué Fils de Dieu, et nous le supplierons, au nom de cette filiation divine, de nous accorder, autant que possible, avec une abondante libéralité, selon la mesure de sa puissance ordinaire, toutes les perfections naturelles ou surnaturelles de la grâce et de la gloire qui sont communicables à ses fils adoptifs, de la même manière qu'elles lui furent communiquées lorsqu'il réunit en lui-même la personne du Verbe éternel avec la nature humaine. Enfin, nous devons méditer sur le concours actuel qu'il apporte a toutes les actions de ses créatures, et implorer sa grâce afin que, de même qu'il rapporte à lui et à sa gloire, comme à la seule fin digne de lui, le concours intérieur ou extérieur qu'il prête à chacun de nos actes, de notre côté nous fassions toutes nos actions' sans aucune exception, pour lui et à cause de lui, et cela avecune telle perfection qu'il n'y ait rien eh nous où l'on ne puisse retrouver la gloire de Dieu, d'une manière soit directe, soit indirecte. D'après la même méthode nous pouvons apercevoir d'autres perfections en Dieu et en faire le sujet d'actes analogues, tels, par exemple, que des actes de joie, en songeant que Dieu possède ses perfection s en lui-même, et de remercîment, parcequ'il a daigné nous les manifester et nous en communiquer les effets en certaine proportion. C'est ainsi que nous pouvons en même temps distinguer les perfections de la sainte humanité de
Notre-Seigneur, aussi bien celles qui ont rapport à l'intégrité delà nature humaine, (comme le corps etses membres, l'àme et ses facultés), que celles qui sont une addition à la nature, telles que les habitudes et les actions, soit permanentes, comme la vision béatifîque ; soit transitoires, comme les conversations, les prières, les miracles et autres œuvres analogues. Tandis que nous méditons sur les facultés et les dispositions de l'âme à jamais bénie de Notre-Seigneur, nous pouvons lui demander de rendre nos facultés aussi semblables aux siennes que possible, et de les orner de dispositions aussi belles que celles qui ornaient les siennes, et de les exciter à accomplir des œuvres telles qu'il en a accompli lui-même. En portant nos regards sur son corps suspendu à la croix, considérons chacun de ses membres en particulier, et prions le Verbe qui, renfermé dans ce corps, a imprimé à cette portion de sa nature corporelle les mouvements les plus parfaits, maintenant qu'il est descendu en uous dans la sainte communion, de régler et de gouverner non-seulement nos facultés intérieures, mais encore tous les membres de notre corps et tous nos actes extérieurs, afin qu'ils soient, pour ainsi dire, l'expression et l'image de sa sainte humanité. Demandons-lui de faire de nos actions intérieures et extérieures le reflet de ses pensées et de ses actes. Car cette transformation est rangée par les Saints et les docteurs au nombre des effets les plus précieux de la sainte Communion.
VIII. Pour conclure notre Action de grâces, nous présenterons Notre-Seigneur, que nous venons de recevoir dans la sainte Eucharistie, à l'adoration de tous les Esprits bienheureux. Aux saints Anges nous pouvons dire: « Voici, ô sublimes ministres de Dieu, vous qui exécutez ses ordres, voici le premier né du Père Éternel, que, d'après le commandement du Très-Haut, vous avez adoré à son entrée dans le monde : obtenez-moi la grâce de le servir avec le même esprit, là même fidélité que vous mites à le servir au temps de votre épreuve, et que vous