‹ Esprit du p. FaberChapitre 184 sur 435 · LIVRE HUITIÈME. — L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIÈME. — L'EUCHARISTIE

conservez encore aujourd'hui dans votre réleste et glorieuse vie. » Aux Patriarches et aux Prophètes nous dirons: « Ambassadeurs du ciel, vous à qui Dieu a fait part de ses admirables secrets, voici le Rédempteur qui vous a été promis depuis le commencement du monde, que vous avez désiré et si longtemps attendu : faites que mon cœur palpite d'amour pour lui, et que toutes les puissances de mon âme soupirent nuit et jour après lui. » Aux saints Apôtres nous dirons : Illustres prédicateurs de l'Évangile, voici votre Maître bien-aimé, pour lequel votre cœur a brûlé de l'amour le plus vif: puissé-je obtenir par votre intercession la grâce de l'aimer par dessus toutes choses et avec la plus grande ferveur ! » Aux Martyrs nous tiendrons ce langage : « Voici, ô courageux défenseurs de la Foi, voici Jésus crucifié, pour l'amour duquel vous avez si volontiers répandu votre sang. Oh! demandez à Dieu pour moi l'honneur de souffrir pour lui ; puissé-je obtenir de passer ma vie sur une croix où j'endurerai de cruels tourments, sur laquelle je serai cloué par la main puissante de la nature ou celle des méchants, et d'où je puisse passer sans obstacle dans le sein de mon Rédempteur. « Puis, nous nous adresserons aux Pontifes, confesseurs de la foi : « Voici, ô pasteurs du troupeau de Jésus-Christ, voici l'Agneau sans tache que vous avez si souvent immolé au Très-Haut, en odeur de suavité, sur le saint autel : aidez-moi à passer dignement les moments de cet auguste sacrifice, à l'offrir à Dieu comme il convient, et, m'associant moi-môme -sans cesse à la sainte oblation, à présenter au Seigneur , en odeur de suavité, une offrande perpétuelle de moi-même et de mes bonnes œuvres.» Passant ensuite aux religieux, confesseurs de la Foi : « Fidèles serviteurs de Dieu, leur dirons-nous, voici, voici votre doux et bien-aimé Seigneur, pour l'amour duquel, en réalité comme en désir, vous avez méprisé les plaisirs du monde : aidez-moi, pour l'amour de lui, à persévérer jusqu'à la mort d ans mon état, quelque misérable qu'il puisse être, et que, si

je cherche à m'élever sur les hauteurs de la perfection, ce ne soit jamais que pour plaire à Dieu. » Quand aux Saints et aux Bienheureux de notre Congrégation, nous leur dirons : « Voici, ô très-chers frères, votre Chef, à l'exemple duquel vous avez conformé vos paroles et vos œuvres en celte vie: accordez moi ainsi qu'à tous mes frères qui combattent encore pour sa gloire dans les rangs de l'Église militante, la grâce de conquérir une multitude d'âmes, sans que notre piété intérieure ait à en souffrir ; faites que notre nombre s'augmente d'une foule d'excellents ouvriers, appelés a cultiver le même champ, et que tous ensemble, chargés d'une abondante moisson de mérites nous passions avec vous dans sa sainte société. « De là nous nous présenterons devant le chœur des Vierges, et nous leur dirons : «Voici, ô chastes épouses de l'Agneau sans tache, voici Celui pour lequel vous avez gardé votre virginité avec tant de bonheur ; obtenez que mon cœur et mes œuvres restent toujours purs aux yeux de Celui qui est votre bien-aimé et le mien, et que, sans souillure pour la flétrir, sans péché à expier, mon âme s'envole de cette vie pour monter vers lui dans les cieux. » Enfin, nous nous adresseronsà tous les Saints:» Voici, ô les meilleurs des amis, vous qui êtes la consolation de ma pauvre âme, voici le Maître, l'Auteur et laRécompense de votre sainteté ; demandez-lui pour moi la grâce de marcher comme vous l'avez fait, dans les sentiers sublimes de la vertu et de rester fidèle à l'esprit de son ordre ; de sorte que les années, en passant sur ma tête, ne me voient pas végéter à l'endroit où j'étais d'abord, mais qu'elles soient témoins des efforts que je tente pour gravir les hauteurs de la Perfection. »

Alors nous pourrons dire à notre aimable Sauveur : « Maintenant, Seigneur, je m'éloigne de vous pour quelques instants, mais non point sans vous. Non ! car vous êtes la Consolation, la Joie, le seul Bien de mon âme. Je me jette avec confiance entre les bras de votre immense charité, avec mes frères, mes amis et mes ennemis. Aimez-nous, ô Seigneur.

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