LIVRE NEUVIÈME. — L'ÉGLISE
ces contrées va en diminuant, quelque apparence qu'il puisse y avoir du contraire. Lorsque je rencontre de nouveaux catholiques qui se soucient peu de ces mêmes préceptes, de la messe et des abstinences d'obligation, "c'est pour moi une preuve, non pas tant d'un esprit de négligence, que d'un manque complet de foi.
L'amour d'un homme envers l'Église est le gage le plus sûr de son amour pour Dieu. Il sait que toute l'Église est informée par l'Esprit-Saint. La vie divine du Paraclet, ses conseils, ses inspirations, ses opérations, ses sympathies, son attraction^ se font sentir partout en elle. Il n'y a rien ni dans l'Église, ni dans ce qui la regarde, (quelque trivial, passager, temporel ou indirect que cela paraisse,) qui ne contienne plus vraisemblablement quelque étincelle du feu de l'Esprit-Saint. Et cette vraisemblance est la cause d'un respect constant et universel pour l'Église chez tous les bons catholiques. Le don de l'Infaillibilité n'est que la concentration, la manifestation solennelle et officielle de la demeure du Saint-Esprit dans son sein. En même temps que ses décisions exigent une soumission absolue du cœur et de l'intelligence, ses autres arrangements et ses autres régies moins importantes réclament de notre part une disposition généralede soumission, de docilité et de respect parce que, tout entière et dans toutes ses parties, l'Église est remplie de la vie du Saint-Esprit. La dévotion de saint Philippe de Néri à la troisième Personne de la sainte Trinité n'était qu'une partie de cette loyauté profonde envers l'Église, qui l'a élevé au rang et au titre d'apôtre, et d'apôtre de la saint Cité.
En un mot, nos sentiments à l'égard de l'Église devraient être « la dévotion. » C'est un bien triste endroit dans la page de l'histoire, que ce moment où la loyauté aux vieilles monarchies a disparu ; mais une loyauté de ce genre n'est pas encore assez pourpeindre nos sentiments envers l'Église. L'Église est pleine de Dieu, fréquentée par la présence des Esprits, informée par une vie surnaturelle et que Jésus anime . Noire amour
de l'Église est une forme de notre amour pour Jésus, la forme dans laquelle tous les Saints ont été comme jetés en moule. C'est en nous l'amour de l'amour de Notre-Seigneur à notre égard. C'est l'enthousiasme de notre dévotion au Précieux Sang. Et, en vérité, ce serait une honte si nous n'aimions pas plus l'Église que les anciens Juifs n'aimaient leur Jérusalem si chérie !
(Le Précieux Sang, pp. 246-253;.