LIVRE DIXIÈME. LA VIE CHRÉTIENNE
souffrances, mais de la pauvre garde-malade qui a été toute la nuit à notre chevet à lutter, tant bien que mal, contre le vigoureux sommeil de la santé. Nous ne sommes pas capables de supporter le moindre bruit dans la maison. Eh bien ! ce n'est pas nous qui sommes à plaindre, ce sont ces pauvres enfants, petits prisonniers auxquels il n'a pas été permis de faire leur tapage accoutumé. Or, pour des enfants, où y a-t-il du bonheur sans tapage ? Telle est la tournure d'esprit que prend la bonté dans la souffrance Or, qui ne verra pas en cela une grande puissance pour transformer l'âme ? Mais aussi cette vertu doit se développer gracieusement ; elle doit tout faire sans embarras, et sans s'annoncera tout le monde. C'est ainsi que les saints souffrent en silence, parce qu'ils savent que ce qu'ils souffrent est une souffrance pour leurs amis. Mais la souffrance est un monde de miracles.
(Conférences spirituelles, p. 54. )