LIVRE DIXIÈME. — LA VIE CHRÉTIENNE
quefois en lui. Tel est l'homme dont les facultés, les affections et en quelque sorte les sens ont été maîtrisés par l'esprit de prière. On serait porté à croire qu'un pareil esprit dût attirer les hommes par ses grâces et sa douceur, comme le ferait la présence d'un ange ; mais il n'en est pas ainsi, parce que, pour sentir cette beauté, il faut être doué d'un discernement tout spirituel. Aux yeux du monde, l'homme dont nous parlons a toute la singularité et les manières embarrassées d'un étranger; et en réalité il n'est pas autre chose. Néanmoins il laisse dans l'esprit des autres une impression qui ne s'efface point; or, c'est précisément là l'effet que produit le Saint-Sacrement sur les protestants qui viennent en sa présence sacrée, sans penser qu'ils sont devant le Seigneur, et se retirent ensuite sans attacher aucune autre importance à leur visite. C'est le propre de Dieu et des choses de Dieu de laisser dans l'âme un souvenir qui frappe....
{Progrès de l'âme dans la vie spirituelle, pp. 243-245.)