‹ Esprit du p. FaberChapitre 243 sur 435 · QU'ARRIVERAIT-IL SI TOUTE LA TERRE AIMAIT DIEU · texte numérisé non relu

QU'ARRIVERAIT-IL SI TOUTE LA TERRE AIMAIT DIEU

Nous allons supposer que, par toute la terre, tous, hommes, femmes et enfants au dessus de sept ans, aiment Dieu toujours, par dessus tout et sans partage. La terre alors pourrait s'appeler un monde de cœurs in di visiblement unis. Notre planète, cette portion de la création de Dieu, ce beau jardin qu'éclaire la lune et qui tourne au troisième rang autour du soleil, aurait le privilège d'être un monde vivant de cœurs humains remplis d'amour, sur lesquels Dieu régnerait par l'empire" d'un amour sans partage. C'est là, pour nous servir du langage humain, ce que Dieu se proposait, ce qu'il attendait ; c'est là le paradis et la cour qu'il avait préparés pour son Fils incarné. Le monde réel n'est-il pas aussi différent d'un tel ordre de choses que du monde imaginaire dont tout à l'heure nous tracions le tableau ?

Si chaque classe en son lieu, si chaque esprit dans sa mesure et son degré, aimaient Dieu comme le veut le commandement, quels magnifiques résultats ! Pour les énumérer, il nous faudrait pénétrer dans tous les coins du monde, dans les plus secrets sanctuaires de la vie, et épier la révolution que l'amour divin apporterait avec lui. Tout changerait. Le monde ne serait pas un inonde de saints, puisque nous nç supposons pas l'amour héroïque, austère, poussé jusqu'au sacrifice de soi-même, mais seulement l'amour du précepte commun. La souffrance volontaire appartient à l'idée de l'incarnation ou en découle: car l'austérité chrétienne est une forme de l'amour qui n'a de commun que les dehors avec les orgueilleuses expiations et les pénitences des Indous. La terre ne ressemblerait pas non plus à un immense monastère : car tous les hommes seraient et resteraient dans le monde, qui serait un

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