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LIVRE DIXIÈME. — LA VIE CHRÉTIENNE

de Dieu et non plus seulement aux caprices de l'homme. Qui pourrait s'imaginer que nous ne connaîtrions pas mieux sa nature et ses mystérieuses propriétés, si nous avions, de Celui qui a tout fait, la connaissance plus parfaite que donne l'amour? La somme du bonheur de chacun grandirait aussi au delà de tout calcul. Tous les autres amours seraient comme glorifiés par l'amour de Dieu, et jailliraient du cœur des hommes avec un essor et une abondance que maintenant le péché arrête complètement. Les perfections morales de notre nature produiraient des fruits exquis et généreux qui ne se montrent à présent que rarement et à de longs intervalles. Mais, par dessus tout, il y aurait un monde d'acte- surnaturels, sortant à flots et sans s'arrêter de tous les cœurs, nous unissant à Dieu, purifiant nos intentions les plus communes et nous conduisant jour par jour à un état d'excellence bien supérieur

à ce que nous sommes

(Le Créateur et la Créature, pp. 180-183 )

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