‹ Esprit du p. FaberChapitre 256 sur 435 · HISTOIRE D'UN MOURANT · texte numérisé non relu

HISTOIRE D'UN MOURANT

Prenons l'histoire d'un mourant, et imaginons-le dans les circonstances les plus favorables : avertissement de sa mort, temps pour se préparer, et tout le reste. Supposons qu'il s'agisse de nous. Une maladie survient. Tout d'abord nous nous apercevons qu'elle est d'un caractère sérieux. Nous éprouvons des symptômes si différents de ceux que nous éprouvâmes dans de précédentes maladies, que nous ne pouvons les considérer que comme les avants-coureurs d'une dernière dissolution. Nous lisons notre danger dans les regards de ceux qui nous entourent : nous avons le bonheur d'être entourés de chrétiens qui, au risque de hâter notre mort par l'agitation, nous disent avec bonté, mais clairement, que notre fin est venue. En nous parlant de la sorte, ceux qui nous aiment font un grand sacrifice; mais c'est la plus grande de toutes les bontés. Faire autrement, serait aussi cruel que coupable, et plusieurs âmes sont maintenant en enfer par suite de cet égoïsme. Des mères y ont envoyé leurs enfants, ne voyant pas que c'était plutôt pour s'épargner elles-mêmes qu'elles gardaient ce barbare silence, que pour épargner leurs enfants. Des maris ont perdu de même leur dernière chance de salut par suite de cet égoïsme de leurs épouses, déguisé sous le masque de l'amour. Oh ! qu'il y a peu d'affections sur la terre qui sachent mettre l'âme avant le corps !

Nous avons reçu l'annonce de notre fin prochaine avec calme, mais non sans beaucoup de crainte. Notre première pensée a été pour Dieu. Heureux s'il en avait été toujours ainsi !

Nous savons l'affaire importante que nous avons à traiter avec lui dans les profondeurs de notre âme. Nous envoyons chercher le prêtre, et, après un examen de conscience tel que

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