LA MORT VIOLENTE ET LA MORT DOUCE
Si une mort violente est une grande affliction pour les assistants, elle est souvent aussi une marque du divin amour. Il nous est permis de croire qu'elle tient souvent lieu de purgatoire. Nous savons par expérience qu'elle est souvent accompagnée d'un gage de prédestination des plus assurés, c'est-à-dire d'une grande contrition. C'est quelquefois aussi la part de ceux qui, pendant la vie, ont fait trop bon marché de pénitence corporelle : ce genre de mort leur est envoyé en partie pour les punir, mais plus encore pour leur donner les moyens de réparer leurs négligences. Ceux qui ont manqué de cette bonté, de cette simplicité, de cette attention tendre et délicate qu'une santé faible et des souffrances corporelles constantes ont coutume de produire à l'aide delà grâce, sont parfois affligés de cette manière à leur mort, afin que cette sévérité produise rapidement dans leurs âmes des effets équivalents. Le plus que nous pouvons dire, c'est que cette mort est un immense moyen de sanctification. Mais il faut avoir la force d'en profiter.
(Conférence/: spirituelles, p. 74).
D'après une curieuse remarque de saint André Avellin, ceux qui ont une dévotion spéciale à la Passion ont généralement une mort douce et paisible : celle de Marie, Jean et Madeleine. Il est certainement remarquable que la plupart de ceux qui
vécurent dans l'intimité de Notre-Seigneur moururent de mort violente ; tandis que les trois qui l'assistèrent au Calvaire eurent une fin si tranquille qu'on se demanderait volontiers si leur mort n'a pas eu d'avance une réalité anticipée.
(Conférences spirituelles, p. 75 )
Si nous voulons que notre mort soit douce, craignons Dieu sans mesure. Ceux qui ont vécu dans la crainte sont ceux qui ont le plus de chances de mourir en des extases d'amour.
(Conférences spirituelles, p. 98.)