‹ Esprit du p. FaberChapitre 264 sur 435 · LIVTE ONZIÈME. — LA MORT · texte numérisé non relu

LIVTE ONZIÈME. — LA MORT

c'est Dieu. Il y a une agitation semblable aux premières annonces d'un tremblement de terre : c'est, pour tout de bon, l'approcbe de Dieu. Dieu arrive comme s'il venait de loin, comme s'il était pressé, comme s'il allait repartir, et nous sentons son souffle dans les iénèbres. Encore un moment, et il nous aura fait franchir presque l'immensité, et nous aurons trouvé notre demeure dans quelque partie de ses domaines sans limites.

Notre joie entre encore plus avant dans l'avenir. Nous nous réjouissons dans l'espérance future d'être éternellement avec Jésus. Nous ne distinguons point les diverses béatitudes du ciel. Nous les voyons toutes confondues dans l'unité, comme les âmes de grâce voient Dieu dans la contemplation. Le ciel est tout un : c'est l'Éternité, l'Éternité avec Jésus. Nous croyions avoir une grande dévotion à l'humanité sacrée de Notre-Seigneur ; mais, à la mort, nous avons le sentiment d'avoir à peine connu sa douceur, sa beauté, sa tendresse Comme la mort jette une sorte de lustre sur le caractère de nos amis, et nous fait penser que nous ne les avons jamais connus comme ils le méritaient, et que jusqu'alors nous n'avions pas compris quel vide leur perte serait pour nous ; de même la Beauté de Jésus grandit devant nous, comme une glorieuse aurore; et quoique nous l'avons désiré avec ardeur pendant toute notre vie, c'est comme si nous n'avions jamais su jusqu'à présent combien nous avions à gagner en lui.

Jésus est pour le mourant une nouveauté inexprimable, et la joie de cette nouveauté n'est rien moins qu'une partie de l'éternel ravissement de nos âmes.

(Conférences spirituelles, p. 10 1.)

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