MONOTONIE DANS LA PIÉTÉ
1° Sousbien des points de vue, rien de plus varié et de plus intéressant que la vie spirituelle. — Souvent néanmoins rien de plus monotone. — Idée de la monotonie et ses effets.
2° On admet que la piété soit d'une monotonie obsédante. — Elle l'est dans ses principes et ses mouvements. — Nous sommes toujours en face des bassesses de notre nature et des petitesses de notre caractère. — C'est un travail solitaire et secret ; — où c'est toujours à recommencer. — Qui n'a pas senti cette monotonie n'est pas allé bien avant dans les voies spirituelles.
3° Contraste : entre l'obscure monotonie de la piété, et la grande
part de l'activité naturelle dans le travail extérieur de l'Église. — Élan que celte activité donne à la vie.
4° La vie spirituelle n'est pas pour cela sans intérêt. — Et c'est précisément de la grandeur et de la diversité de ces intérêts que naît une monotonie terrible, à cause de notre état du chute et de misère.
5° Il est donc consolant de savoir que la monotonie n'est pas un péché, mais une partie de la grande infirmité bumaine.
6° Or elle est incurable, comme d'autres maladies spirituelles. — Que faire? Lutter par la mortification, la prière. — D'ailleurs l'épreuve devient grâce.