‹ Esprit du p. FaberChapitre 57 sur 435 · LIVRE PREMIER. — DIEU · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — DIEU

d'ombres très-affaiblies, très- effacées, très-humbles de la joie qui est en Dieu. Et qui pourrait mesurer toutes ces choses? Que si nous mentionnons les joies du cœur immaculé de la divine Mère, et celles de ce Cœur sacré que la personne du Verbe pénétra de l'onction de sa félicité tout en le laissant être un cœur humain, nous aurons été bien loin sans doute, et cependant à peine aurons-nous avancé. Qui pourrait nous dire la joie du Père dans son être qui n'a pas eu de commencement, celle du Fils dans son éternelle et perpétuelle génération, celle du Saint-Esprit dans son incessante procession du Père et du Fils? La joie du Père et du Fils est non pas une cbose ou une perception, mais une personne éternelle, le terme sans bornes de Dieu qui n'a pas de limites. Qui oserait se faire une image de la redoutable et majestueuse jubilation de la très-sainte Trinité dans la trinité des personnes et l'unité d'essence ? La joie de Dieu dans sa propre unité, qui pourrait la contempler sans être ravi en extase et comme dissous dans les amoureuses larmes de la foi? Et, cependant, comme si tout cela ne suffisait pas, Dieu cherchera-t-il ailleurs de la joie, de la joie hors de lui, un surcroit de joie? Y a-t-il pour lui de la joie dans les créatures, une joie créée? Sa joie propre peut-elle s'accroître, peutelle désirer ? Si elle ne le peut, pourquoi rompre le silence de l'éternité afin de créer, pourquoi cette poursuite de l'amour des hommes, pourquoi cette ardeur patiente à courir après les pécheurs, pourquoi cette joie quand ils se convertissent, pourquoi est-il écrit que la mort des saints est précieuse aux yeux de Dieu? Nous pouvons sans doute répéter : pourquoi ? mais pouvons-nous répondre? 0 ciel et terre! ô anges et hommes ! quel être que ce Dieu! quelle joie c'est d'être une créature! quelle gloire d'avoir un Créateur !

(Le Créateur et la Créature, 5e édition, pp.^121-123.

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