‹ Esprit du p. FaberChapitre 58 sur 435 · DIEU EST NOTRE PATRIE ET NOTRE FIN · texte numérisé non relu

DIEU EST NOTRE PATRIE ET NOTRE FIN

Rien ne peut nous satisfaire que Dieu, rien n'est complet sans lui. Dieu seul nous soutient, en Dieu seul est notre repos ; nous ne pouvons nous arrêter et respirer que dans le sein de notre Père céleste. La pierre qui tombe tend au centre de la terre; ainsi nous sommes sans cesse attirés vers Dieu. La création n'est pas un terrain solide et nous la traversons pour ne nous arrêter qu'en Dieu. Il n'est pas une de nos fins ; il est la fin des fins, notre fin unique ; lui seul est fin, tout le reste n'est que moyen. C'est cette vérité qui simplifie notre vie comme elle a simplifié celle des saints jusqu'à ce qu'elle ne fût plus qu'une image et un reflet de la simplicité de Dieu.

S'il est notre fin dernière, il est aussi notre patrie : partout ailleurs nous sommes étrangers, et l'amour du pays, de la famille, des parents, va se perdre dans le seul amour de Dieu, est le foyer auquel le bon accueil nous est assuré et surpasse toute attente ; là seulement nous pouvons reposer sans crainte et dormir un doux sommeil. Dans son accessible splendeur il est la belle nuit où l'homme ne travaille plus, mais se repose de ses fatigues dans un bonheur qui n'a pas de fin. Il est le soir plein de parfums et de fraîcheur où la création, dorée par les rayons du soleil couchant, se revêt de sa beauté finale. Tous les bruits du travail se taisent, toutes les pénibles sollicitudes sont suspendues, tous les désirs satisfaits, et tous les esprits créés remplis d'une vie extatique si pleine, si glorieuse, si puissante, que l'énergie la plus infatigable de la terre n'est qu'une triste indolence en comparaison de sa sublime tranquillité....

(Le Créateur et la Créature, 5e édition, p. 218.)

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