‹ Esquisse d'un plan de lectures historiques, rapporté spécialement a l'influence des femmes, considérée dans les différens siècles et chez les différentes nations suivie de deux pièces des vers, relatives au meme sujet. Par M. A. Jullien, de ParisChapitre 3 sur 6 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Qpoiqub nous admettions très-rarement des pièces de ▼ers dans la Reuue Encyclopédique , qui e.st graTc par sa

ainsi dire, eztérieun et dn localités, dans un cercle plus ou moins étendu. G*est dans ces deux sphères que doit naturellement s'exercer leur influence.

Les hommes ont des rapports généraux de direction, dans la famille et dans la société.

La destination des deux sexes est évidemment difierente, comme leur organisation. L’éducation et la culture des individus, dans l'un et l’autre sexe , l'influence, la condition , la perfection possibles doivent toujours être ron sidérées relativement à cette destination, à ce but spécial de la nature.

La force et l’empire paraissent être le partage de l'homme; mais la faiblesse naturelle des femmes est compensée par la finesse, la pénétration de l'esprit et par la puissance de leurs charmes. Elles ont une sorte de séduction et de domination légitimes, qui, bien dirigées, peuvent produire les plus salutaires effets.

Fleurs brillantes de l'bumanité, véritables diamans de la création, êtres, pour ainsi dire , angéliques sur la terre, surtout lorsqu’elles sont è la fois dans l'éclat de la jeunesse et de la beauté, douées d’une Ame élevée, d'on jugement solide, d'une sensibilité réglée par la raison, d'un bon cœur, d'an noble caractère, d’une humeur douce, égale et bienveillanto , d'un esprit distingué , d’une vive imagination, d’une physionomie expressive, mobile, transparente , où viennent sc réfléchir tontes les nuances de leurs qualités morales*. • Alors, elles peuvent allumer le génie, exciter tous les talens, produire toutes les vertus, inspirer l’émulation et l’amour de la patrie et de la vraie gloire dans toutes les carrières.

Le poète, le peintre, le musicien, les artistes dans tous les genres; le géométro , le mécanicien inventeur , le phytioien , le diimiste qui pénètre dans les mystères les plus secrets de la nature; les savans, les littérateurs, les historiens, les écrivains politiques , les publicistes , les hommes d'état, les orateurs qui défendent tour A tour la cause de *

nature , les deui pièces qu’on va lire nous ont paru mériter une exception, et pouvoirCtre placées à la suite de V Esquisse sur l’influence des femmes, parce qu’elles forment, pour ainsi dire, la continuation du même sujet, présenté sous des formes plus agréables et plus animées.

Dans la première, le Portrait de Clarisse, on^voit une créature angélique, aussi distinguée par les qualités de son cœur, par la pureté, la candeur et la noblesse de son caractère, que par la solidité et les grfices de son esprit, et parles charmes de sa ligure. Nous laisserons inos lecteurs le soin de deviner si Clarisse est un personnage réel ou imaginaire. Si elle existe, nous craindrions de blesser sa modestie, en soulevant i moitié le voile sous lequel la vertu, comme la beauté, semble vouloir se dérober é nos hommages. Quoi qu’il en soit , comme un esprit philosophique aime toujours à s’élever d’un fait particulier et isolé k une considération générale, on peut trouver dans ce portrait une sorte de modèle d’une perfection idéale, qu’il n’est pas sans intérêt d’offrir à l’émulation des jeunes personnes du même sexe et du même âge , de cet âge heureux et brillant, qui ne connaît encore ni les regrets du passé, ni

l'innocence opprimée par le pouvoir, et celle de la liberté publique attaquée par le despotisme ou par les factions, les guerriers qui ne pcnventhonorcrlcur profession qu’en emplojrant leurs armes pour défendre l’indépendance de la patrie , ou pour assurer le maintien et l’observation des lois consacrées par la volonté nationale ; les philosophes , les hommes qui président S l’éducation de la jeunesse, les amis des sciences , des arts , de l’humanité , de la civilisation , quelle que soit la sphère où s’exerce leur activité , peuvent également puiser dans cette inOuence, convenablement dirigée, de nobles et fécondes inspiraÿons.

Protectrices de l’enfance, inspiratrices de la jeunesse , compagnes et confidentes de l'àge mûr, consolatrices do la vieillesse , les fiuhes sont l'&mc et le principc^riviCant du monde moral et intellectuel.

-OigiUzecU

les inquiétudes de l’avenir, et dont le présent se compose d’aimables illusions, d’espérances et de fleurs.

La seconde pièce de vers, en rapprochant, dans quelques stances, les femmes et Us fleurs, qui ont entre elles tant d’analogie, et qui sont peut-être en effet les deux plus beaux ornemens de la nature; a pour objet de rappeler que la destination des femmes n’est pas uniquement d’embellir par leurs charmes la carrière de la vie, mais qu’elles peuvent surtout s’honorer et se rendre utiles phr une bonne direction morale donnée constamment d leur influence naturelle et légitime sur les hommes.

Ces deux pièces de vers n’appartiennent donc pas seulement aux circonstances et aux personnes qui les ont inspirées; mais elles retracent des exemples de vertu, ou elles expriment des vérités philosophiques , qui sont de tous les tems et de tous les lieux, et qui ne sont pas indignes de l’attention des femmes elles-mêmes, ni des méditations des moralistes; c’est ce motif qui en a fait décider l’insertion.

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