‹ Esquisse d'une esthétique musicale scientifique (volume 2)Chapitre 24 sur 107 · IV. Helalicilé des sensations · texte numérisé non relu

IV. Helalicilé des sensations

Le point de vue psycho physiologique est doublement insuffisant. De ce bref examen des sensations sonores au point de vue qualitatif il résulte, tout d'abord, qu'ici comme ailleurs l'apparence d'un absolu se résout régulièrement en un nombre indéfini de relativités : c'est-à-dire l'impression brute et passive en interprétation active, et la sensation en perception. L'absolu n'est en toutes choses qu'un ordre de relativités plus complexes.

De chaque qualité, nous connaissons uniquement les réactions que le contenu actuel de notre conscience lui oppose : c'est-à-dire des relations. Dans cliaque qualité, l'analyse de tous ces rapports une fois faite, il reste en fait un résidu actuellement inaccessible à l'analyse, et dont on ne saui'ait sans parti-pris nier l'existence permanente : car une analyse intégrale supposerait, par impossible, un esprit absolu.

Ce résidu, seul un postulat théorique peut décider si l'on doit le croire définitivement absolu, ou seulement d'une relativité plus j complexe, plus organique et plus profonde. Or, de ces deux déci- ^' sions possibles, la première, l'aflirmation d'un absolu irréductible, pourra toujours être taxée de philosophie paresseuse : car elle est en toute chose <- la mort de l'analyse ». Laissons au contraire la

(') E. GoIjIoI, La musiq^ie descriplive. Rev. philos., 1901, II, p. 05.

RELATIVITÉ DES >;ENSATI0XS H1

poi'te ouverk', et postulons que lout est relatif, c'est-à-dire que tout est intelligible : car quel autre postulat pourrait faire l'inlelligence? Une insuflisance actuelle de l'analyse ne saurait nous empêcher de définir la sensation brute comme une limite jamais atteinte, sinon par abstraction; et la perception active comme seule concrète.

D'autre part, l'activité individuelle est encore abstraite. Nous aurons à revenir sur cette idée.

Létude des qualités du son au point de vue psycho-physiologique nous amène donc à conclure que ce point de vue inférieur n'est pas encore susceptible par lui-même de qualification esthétique; il ne définit que l'agréable ou le désagréable, que les formes ou les limites possibles; non le beau ou les formes artistiques usitées. I/examen des conditions sociales, seul, peut permettre ces déterminations ultimes. Inconnues des sciences abstraites, les qualités du son ne sont pas connues comme esthétiques des sciences qui n'envisagent que l'individu; elles ne deviennent telles que dansi la science concrète par excellence de toutes les réalités qui appartiennent au règne humain : la sociologie.

Lalo

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