‹ Esquisse d'une esthétique musicale scientifique (volume 2)Chapitre 57 sur 107 · I.i;S LOIS OHGAMOrES DE l'iÎVOLL'TION KSTHÉTIQUL'; "l^À · texte numérisé non relu

I.i;S LOIS OHGAMOrES DE l'iÎVOLL'TION KSTHÉTIQUL'; "l^À

sable el Tont fuil eiïoclivoinent méconnaître. Les fails liislori([ues cependant le présentent à nii el le mettent d'eux-mêmes en relief.

Tout art ((ui se développe complètement et parcourt toute sa carrière normale sans être interrompu par quelque bouleversement extérieur, traverse invariablement plusieurs phases, dont l'ordre de succession et les caractères constitutifs étant constants sont susceptibles dune étude scientilique (').

On voit se réaliser en effet à travers l'évolution liislorique une sorte de « loi des trois étals esthétiques », que les quatre grandes périodes de l'histoire musicale en Occident nous permettent de vérifier quatre fois. La comparaison des évolutions parallèles des autres arts permettrait, croyons-nous, de la confirmer encore, bien qu'elle ne soit nullement condamnée a priori à être partout identique.

Ces trois phases ont un cenire qui les caractérise : l'état classique, entouré par un <1ge antérieur où Ton peut distinguer des primitifs et des précurseurs, el un âge postérieur où il convient de séparer la phase romantique et la phase décadente. L'âge classique lui-même comprend les vrais classiques et les pseudc-classiques.

Xous nous contenterons de résumer ici dans un tableau la succession des trois états, ou, si l'on veut, des six âges, dans les quatre grandes périodes ou systèmes que présente l'histoire musicale : la mélopée gréco-romaine de l'antiquité, la mélodie chrétienne, la polyphonie du Moyen-Age et de la Renaissance, l'harmonie des temps modernes. La première est une homophonie à la fois vocale et instrumentale, parfois soulignée par une partie hétérophone; la seconde est une mélodie exclusivement vocale; la troisième une polyphonie toujours chorale, au moins en principe; la dernière une harmonie essentiellement orchestrale. L'histoire nous présente ces systèmes comme suflisamment différents, indépen-

(') Celle idée a été exprimée avec force à propos des arls plastiques : « De même que toutes les institutions humaines, les arts naissent, grandissent, prospèrent ou faiblissent d'après certaines lois, qu'il nesl pas toujours impossible de délerminer. Chez loul peuple de haute culture, ils passent par des périodes d'enfance, de jeunesse, de maturité, de décadence... 11 ne suffit pas d'enregistrer ces faits, il faut en dégager les caractères essentiels et en rechercher les causes... Les périodes d'origine, de splendeur, de décadence des arts offrent chez la plupart des peuples certains traits communs... Qu'on prenne dans l'histoire de l'art les peuples vraiment originaux et qui nous sont assez bien connus, Grecs, Italiens, Français, on sera frappé de retrouver partout ces mêmes traits » (C. Bayet, Précis d'Itistoire de l'art, nouv. éd., 1905, p. 11-1.3).

dants et même jusqu'à un cerlain point discontinus, pour que nous n'ayons pas à discuter davantage la valeur de cette division : chacun ayant eu son âge classique, sa croissance, sa maturité et sa décadence, forme par là un organisme complet dont la vie est relativement autonome.

Quant aux six âges, nous ne devons pas nous attendre à les retrouver identiques dans chaque période par rapport à l'âge homonyme des autres systèmes, pas plus que le naturaliste ne trouve identiques les phénomènes de croissance ou de reproduc- . tion chez un vertébré et chez un insecte. Ces faits très différents ont cependant assez de caractères semblables pour présenter l'aspect d'une loi unique : il n'y a jamais d'identités, mais il y a des similitudes dans le monde de l'histoire comme dans celui de la vie.

Pour caractériser chaque âge avec précision, nous prendrons sur chacun trois points de vue successifs : l'orig^ine, la constitution technique des éléments, la pureté ou les combinaisons accessoires de cette technique. Ce sont les trois points de vue, essentiels en toute chose, de la genèse, de la constjjution interne et des rapports avec le milieu; du moins avec ce milieu intérieur que nous avcHTS essayé de définir.

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