PHILOSOPHIE ET SCIENCE DE L'ART
éléments de l'esthétique musicale, se dérouler les principaux plans de la réalité esthétique. L'unité abstraite d'une multiplicité numérique est successivement devenue un agrément, une activité de mesure désinléressée, enfin une fonction sociale caractéristique : la discipline du luxe.
Nous arrivons donc, au Lerme d'un long processus synthétique, et après avoir successivement reconnu la nécessité et en même temps l'insuffisance des premiers points de vue, à formuler des lois sociologiques qui nous semblent dominer la nature psychologique des éléments de l'art musical. Seules elles peuvent leur conférer le caractère esthétique, dont, en dehors de la vie sociale, ils n'ont par leur nature individuelle et abstraite que la virtualité, la possibilité indéterminée. De même que la réalité est toujours une évolution, de même un fait concret de l'activité humaine est toujours un fait historique.
Ces lois sont extrêmement générales, et ne reposent que sur les faits, qui sont extrèmement complexes. Il ne faut donc pas se dissimuler qu'on pourra leur faire bien des objections. La crilique de notions pareilles est toujours aisée : dans le domaine des faits complexes, la loi se dérobe et l'exception est éclatante. Il est plus facile d'entrer dans le détail exact de cent fails précis que de tirer une loi générale de tous ensemble : j'entends un rapport constant qui en soit véritablement tiré, sans leur être imposé a priori et du dehors. Et comme cette tâche du critique est plus facile, de même elle est moins féconde. L'auteur d’une proposition générale basée sur l'étude d’un grand nombre de faits est peut-être celui qui pourrait se faire à lui-même le plus grand nombre d’objections et surtout les plus justes. Si vous le supposez sincère et informé, il se les est déjà présentées à lui-même. Mieux vaudrait le comprendre et l'aider que l'arrêter brusquement. S'il a cru devoir passer outre, c'est qu'il voulait avancer et non piéliner.
En somme, dans toute tentative de synthèse historique, ce n'est pas tant le résultat que la méthode qui importe, et qui reste, et qui mériltera (oujours d'être reprise si elle a été reconnue féconde une fois.
Or, nous croyons que la méthode synthétique d’une esthétique intégrale serait de nature à doter enfin la science de l'art de ses bases vraiment scientifiques et positives. Seul ce point de vue compréhensif est capable d'enserrer la masse exceplionnellement complexe des faits de l'activité humaine socialisée. Seule cette méthode rationnelle peut donner d’abord à la théorie de l'esthétique un objet défini; ensuite à la critique d'art des principes