Esquisse d'une grammaire de la langue innok [microforme]
ÉTUDIÉE DANS LE DIALECTE DES TCHIGLIT DU MACKENZIE, D'APRÈS LA GRAMMAIRE ET LE VOCABULAIRE TCHIGLIT DU R. P. PETITOT (2)
Quelque témérité qu’il puisse y avoir à aborder l’étude méthodique de la phonétique et de la morphologie d’une langue d’après l'inspection grammaticale d’un seul des nombreux dialectes qu’elle a pu former, ce travail devait être tôt ou tard entrepris pour la langue innok. Il se passera bien du temps, en effet, jusqu’à ce que nous possédions, pour chacun des dialectes qui en sont issus, une grammaire et un vocabulaire semblables à ceux que le R. P. Petitot a consacrés à l’idiome des Tchiglit du Mackenzie. J'ai donc pensé qu’il y avait quelque intérêt à soumettre à l'analyse linguistique, à essayer de présenter dans un ordre scientifique les précieux documents que son zèle éclairé nous a procurés. Cette étude nous permettra peut-être de saisir, sinon avec une certitude
(1) Le nom d’Eskimau n’étant que la corruption d’une appellation
impropre appliquée aux Innoit par les Algonqins, je crois qu’il est’
expédient de leur rendre le nom par lequel ‘ls se désignent euxmêmes : Innoit, hommes, au singulier innok.
(2) R. P, Petitot, Vocabulaire français-esqu'mau, précédé d’une
notice et d’une grammaire. (Bibliothèque ’méricaine de M. A, Pinard.)
Paris et San-Francisco, 1876.