RÉ ER È = RS
personnelle. Mais comme l’affixe propre à chaque temps éprouve des variations suivant le mode auquel on l’emploie, il est nécessaire de bien se fixer sur la nature de l’indice modal avant d’entreprendre toute autre détermination.
Le verbe innok possède sept modes.
I. Inpicarir (1). — A tous les temps de l'indicatif, sauf un, l'analyse phonétique permet de reconnaître l’existence d’un © précédant la désinence personnelle o4 se fondant avec elle, En aucun autre mode, sauf en un temps de l’interrogatif, cet o ne se retrouve. Y a-t-il là une présomption suffisante pour considérer cette voyelle comme l'indice modal de l'indicatif? Je le crois, et j'espère que ceux qui liront les explications qui vont suivre partageront ma conviction.
Je me hâte d'ajouter, pour n’être point taxé d’inexactitude, que cet o n’est point constant. À la première personne du singulier il se nasalise en à, permutation qui s'explique aisément par l’agglutination abrégée du pronom nasa! uväa. À d’autres personnes il permute souvent en w, changement purement phonique et tout à fait insignifiant pour qui a observé l’étroite parenté, j'allais dire l'identité de ces deux sons en innok.
L’indicatif comprend six temps : un présent, trois passés et deux futurs.
1° Présent. Je mange, nérrè-y-6-a ; je bâtis, iglulit-ô-a, etc. L'indice du présent est ordinairement la consonne y ou {, placée entre le thème et l'indice modal.
(1) J1 ne sera question ici que des verbes les plus communs, dits réguliers. Je traite des autres dans le $ 7.
me QE ci
Parfois le £ se complique d’une gutturalisation qui le lie au thème kt, rt, rkt. Parfois l'indice temporal semble manquer, par exemple dans les verbes formés au moyen de l’affixe ci: innulikcig-6-a ; mais ici il est facile de restituer la palatale y qui s’est fondue dans la palatalisation précédente ÿ. Somme toute, on peut considérer y ‘ou { comme l'indice invariable du présent dans les verbes réguliers.
Do Passé immédiat. Je viens de manger, nérrè-manikto-a. La caractéristique est le suffixe manikt- suivi de l'indice modal.
3e Passé défini. Je margeai, nérrè-yot-ka. Ici manque l'indice o ; maïs aussi cette forme n’appartient-elle pas à proprement parler au mode indicatif, comme le prouve bien le suffixe personnel ka, qui s'y agglutine et qui n’est pas un affixe de conjugaison, mais un affixe possessif. On retrouvera ce nérrè-yot- parmi les gérondifs et participes ; il signifie « ayant mangé », et c’est par extension de sens que, de l’acception « moi ayant mangé », le mot nérrèyotka a pu passer à celle de l'indicatif « je mangeai ».
4e Passé indéfini. J'ai mangé, nérrè-luarl-5-a. Caractéristique : luarl-; indice modal o.
5o Futur immédiat. Je vais manger, nérrè-yéarkt-5-a. Indice du temps yéarkt-.
Go Futur indéfini. Je mangerai, nérrè-néart-6-a. Indice temporal néarl- ; indice modal o.
Ainsi, à tous les temps de l'indicatif, sauf une exception qui n’est qu'apparente, on trouve cette voyelle o précédant l’affixe personnel; nulle part ailleurs, sauf en un temps de l’interrogatif, on ne la rencontrera. Dès lors ce doit être là l'indice du mode.
Quoi qu’il en soit des autres modes, on observera sur celui-ci, le moins rebelle à l'analyse, que les affixes de conjugaison suivent le thème dans l’ordre que voici : temporal, modal, personnel; autrement dit, que le schème de la conjugaison innok est T + t + m + p. C'est aussi celui de la conjugaison indo-européenne : bhar-a-ja-mi (optatif), grec gsoyu, donne à l'analyse bhar, thème verbal; a, signe du présent ; ja, signe de l’optatif, mx, affixe de la première personne du singulier. Tel ne me paraît pas être l’ordre dans lequel se présentent les affixes de conjugaisor des langues ouralo-altaïques : soit, par exemple, en ottoman, le nécessitalif du verbe bag-maq, voir ; présent bag-maloû-m, passé bag-maloü-id-im. Le schème de cette dernière agglutination est T + m +1t+ p. Ces différences syntactiques me semblent d'une haute valeur quand on discute la question de savoir si deux idiomes remontent à une origine commune.
I. INTERROGATIF. — Ce mode n’a point de présent, mais trois passés et un futur. Aucun de ces temps n’a de première personne. Bien que les indices de conjugaison ne s’y présentent pas avec la même netteté que dans l'indicatif, on peut considérer comme caractéristique modale la consonne labiale p ou v suivie d’une voyelle. (est du moins ce qui résulterait de l’analyse de toutes les formes du mode, moins la première.
19 Passé immédiat. As-tu fini de manger ? nérrè-léralu-lin. Cette forme, par analogie de celles de l'indicatif, indiquerait une forme thématique -léral-o- ; indice temporal léral- (comparer l'indice du passé indéfini de l’indicalif cuarl-); indice modal 0. Pourquoi ce temps est pourvu de l'indice de l'indicatif et manque de celui de
ms 09: cs
lV'interrogatif, c’est ce que je ne saurais même tenter d’expliquer. L’anomalie est grave sans doute, et de nature à jeter quelque incertitude sur le résultat de nos analyses.
do Passé indéfini. As-tu mangé ? nérrè-vé-il ; avez-vous mangé? nérrè-v-ici ; a-til mangé? nérrè-pè-rha ; ont-ils mangé ? nérrè-pè-rket. Formation probable : thème +- syllabe labiale indice du mode + affixe personnel. Point d'indice temporal.
8o Passé défini. Mangeas-tu ? nérrè-laor-vé-it. Même composition, avec insertion après le thème de l'indice temporal laor-, le même peut-être que celui du passé de l'indicatif éuarl-.
40 Futur. Veux-tu manger ? nérrè-yualour-pa-tin ; veutil manger ? nérrè-yualoar-pa-k. Décomposable en : thème + yualour (epr. à l'indicatif yéarkl), indice du temps + pa, syllabe labiale indice du mode + affixe personnel.
ILE. NéGarir. — L'indice de ce mode consiste dans l'insertion d’une négation cuil, uikt, entre l'indice temporal et l'indice modal des formes de l'indicatif. Ainsi, de la forme thématique nérrè-y-o, on tire le thème négatif nérrè-y-uikt-o-, en conjugaison nérrèyuikloa; je ne mange pas, nérrèyuiklutin, etc.
Le P. Petitot rapproche cet infixe’négatif de la négation usitée en iunok, cuilor, non. Ce rapprochement me parait aussi parfaitement légitime.
Le négatif a probablement les mêmes temps que l’indicatif, temps dont l'analyse, à supposer que nous en possédions les formes, ne nous apprendrait sans doute rien de nouveau.
IV. Impératie. —- Un seul temps. Exemples : nérrè-n, mange ; nérrè-g-ilik, nérrè-g-ici, mangez. Gelte forme est la plus commune, mais non la seule usitée.
rc regie mener mme en
ER 1e
V. ProuigiTir. — Ce mode est à l'impératif ce que le négatif est à l'indicatif, il se forme donc au moyen ie l'infixe wikt, mais il a des désinences peu régulières. Parfcis il est le résultat d’une agglutination tout à fait indécomposable, comme nérrèvänturet, ne mange pas, que le P. Petitot traduit analytiquement par « je ne veux pas que tu manges », en admettant que vänur- est mis pour pinnäa, je ne veux pas (?).
VI. ParTictPes. — Présent. En mangeant, nérrè-klunè. Ce klunè est une postposition locative : inark, côté ; inarklunè, sur le côté. Nérrè-klunè signifie donc « dans le manger », et peut jouer dans la phrase le rôle d’adjectif ou d'adverbe. C’est ainsi, en effet, que les Innoit forment leurs adverbes ; l'adjectif innok n’est autre chose que la troisième personne du singulier du présent de l'indicatif d’un verbe ; n«koyork, bon, signifie aussi «il est bon », et de ce thème secondaire dérive l’adverbe nakoyorklune, bien, analytiquement « dans le être bcu ».
Passé. Ayant mangé, nérrè-yot-ka. On a vu la double fonction, adjective ou verbale, que peut rmplir ce temps : je mangeai, nérrè-yot-ka ; moi qui ai mangé, nérrè-yot-ka ; de moi qui ai mangé, nérrè-yolt-ka-m, forme semblable à celles que présente parfois le vieux dravidien, sérndaykku, à Loi qui t'es approché.
VII. Nom VER3AL. — Le manger, l’action de manger, nérrè-nèrk, se déclinant comme les participes.
$ 7. — Conjugaisons ordinaires.
Je donne d’abord le paradigme de la conjugaison régulière, c’est-à-dire de la conjugaison des temps dont le thème finit en o permutant avec w.
DE. ne
ANALYSE. FORME APOCOPÉE.
S. 1. nérrè-y-o-urüäa. nérrèy-0a.
2 — illuit. — -ulin.
b — rk. — -oark.
D. 1. — -uvaruk. — -0ovuk.