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La forme D S de la troisième personne devrait être nuna-g-a ; mais elle se confondrait ainsi avec la forme DS de la première personne. Faut-il voir là un phénomène de dissimilation ? Quant aux trois dernières formes, qui devraient être respectivement nuna-t-a, -t-ak, -t-at, je les considère comme inexplicables. A part ces exceptions, il règne dans les combinaisons possessives une remarquable régularité. Toutefois il s’en faut de beaucoup qu’elles présentent toujours la clarté de ce paradigme ; les mêmes lois, euphoniques ou autres, qui régissent la déclinaison, se rencontrent ici et engendrent des complications dans le détail desquelles je dois m’abstenir d'entrer.
Il va sans dire que les affixes de relation qui s'agglutinent au thème nominal affectent également le nom pourvu du suffixe possessif, et qu’on peut dire en un seul mot, en innok comme dans les langues ouralo-altaiques, comme dans les idiomes agglutinants en général: « dans ma maison, sous les deux tentes de vous deux, avec les nombreuses barques d’eux plusieurs (1) », etc. Des constructions bien plus complexes encore nous attendent à la fin de cette étude.
$ 0. — Thèmes verbaux.
Tout thème primaire peut jouer le rôle de thème verbal en s’adjoignant les suflixes de conjugaison, qui sont de trois sortes : temporaux, modaux et personnels. Ainsi le mot nérkrè, chair, est le thème du verbe « man-
(1) Théoriquement : iglo-ra-mi, tupä-n-iglik-atân, umia-t-it-minik.
ger » : impératif nérrè-n, mange; présent de l'indicatif nérrè-yoark, il mange, décomposable, comme on va le voir, en nérrè, thème ; y, indice du présent ; o, indice de l'indicatif, et »k, ark, thème démonstratif, iudice de la troisième personne du singulier. De même immè- est à la fois le thème du nom immè-rk, eau, et du verbe immerloark, il boit. On pourrait multiplier les exemples de ce procédé morphologiqr*, qui d’ailleurs n’a rien que de parfaitement normal.
Plus nombreux encore sont les thèmes verbaux dérivés au moyen d’affixes de diverse nature, qui s'ajoutent au thème primaire: apä, père; apa-ri-, thème du verbe « être ”ére » (apariyoark, il est père) ; — iglu, maison ; iglu-li-, bâtir figluliloark) ; — immè-rk, eau; immè-rko-, couler fimmèrkoktoark) ; — innu-lik, spectre ; innu-lik- Ciÿ-, évoquer des spectres, etc. Ce n’est pas ici le lieu d'examiner la valeur fonctionnelle de. ces affixes, qui, pour quelques-uns du moins, est fort obscure. Il suffit de constater que tout thème primaire, ou même toute formation secondaire, comme innu-lik, dérivé de inno-k, peut, en se les agglutinant, se tranformer en verbe et recevoir les suflixes de conjugaison.
Étant donné maintenant un thème verbal, soit primaire comme nérrè-, soit secondaire comme igluli-, soit tertiaire comme 2nnulikciÿ-, examinons les diverses modalités qui peuvent l’affecter.
$ 6. — Modes et temps.
L’affixe temporal se joint immédiatement au thème du verbe, puis vient l'indice modal que suit la désinence
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