Desjardins, Du patriotisme dans les arts, p
fabriqué le grand sarcophage étrusque qui est au Musée Britannique et l’avait fait enterrer à Cervetri. Peu de temps après, je vis Newton à Londres et lui racontai l’histoire ; Newton déclara que c'était un mensonge, que Penelli s’était déjà vanté d’avoir fabriqué le sarcophage Castellani, mais que lui. Newton, possédait une lettre de Penelli où il exprimait ses regrets d’avoir mis en circulation cette bourde. Je suppose que la lettre en question est encore aux archives du Musée Britannique. Mais c’est le cas de dire qu’il n’y a pas de fumée sans feu: l’inscription du sarcophage Castellani, copiée sur celle d’un bijou étrusque du Louvre, a certainement été fournie, sinon tracée au pinceau par Penelli.
Je crois volontiers que les procédés de restauration adoptés dans les ateliers de Campana ne s’embarrassaient pas de scrupules exagérés et que les restaurateurs employés par le marquis, Penelli et d’autres, opéraient quelquefois, par ordre, à la façon de faussaires. Mais c’étaient là de mauvaises habitudes romaines, dont on ne peut, sans injustice, faire retomber le blâme sur Campana. On a raconté aussi qu’il abusa de sa situation de directeur du Mont-de-Piété pour augmenter sa collection de tableaux ; lorsqu’il acceptait en dépôt des toiles appartenant à des nobles romains, il stipulait, dit-on, la vente à son profit personnel d’un tableau qu’il désignait d’avance *. Cette histoire, comme d’autres qu’on mit la circulation après 1857, paraît ne devoir être acceptée que sous réserves ; ce sont là les rançons qu’un Mécène déchu paie à l’envie.
« Dès 1838, écrivait Vitet*, la galerie Campana avait acquis dans l’Europe savante une immense célébrité. Elle passait à bon droit, même à Rome, pour la collection particulière la plus riche et la plus variée, bien qu’il n’y fût encore entré que moitié tout au plus des objets qui plus tard la devaient enrichir. L’accès alors n’en était pas facile et l'examen rapide que tolérait son