‹ Esquisse d'une histoire de la collection CampanaChapitre 9 sur 55 · Moroni, Dizionario, t. C, p · texte numérisé non relu

Moroni, Dizionario, t. C, p

Rome. Elle avait fondé un refuge pour des enfants pauvres, dont elle surveillait elle-même l’éducation, s’occupait des malades, des orphelins, des donzelle pericolanti, etc. l. La vieille aristocratie se tenait un peu à l’écart de ces « nouveaux riches »; mais toute la société intellectuelle et internationale, les savants et les artistes, les fréquentaient et s’honoraient de les fréquenter.

En politique, Campana se disait un sujet fidèle et dévoué de Pie IX, mais il passait pour désapprouver le régime de suspicion et de violences qui pesait, au scandale de l’Europe, sur les malheureux Etats pontificaux. Lui-même écrivait, en 1873, que la « persécution » dont il fut l'objet était d’origine politique2; il est bien possible qu’il y ait là quelque vérité.

Comme Campana achetait souvent des collections en bloc, comprenant des pièces de toute qualité, il était naturel qu’il fût amené à les revendre en partie ou au détail3 4. On a dit à ce propos que « le noble collectionneur poursuivait sans bruit son négoce, avec ses courtiers à lui », qu’ « il s’était fait le centre occulte d’un vaste trafic d’antiquités » *. Il y a là sans doute quelque exagération. Penelli, que j'ai connu restaurateur des antiques du Louvre, avait été employé, dans sa jeunesse, dans les ateliers de Campana; il vint au Louvre avec la collection ety resta (sauf une courte période de disgrâce) jusqu’à sa mort, survenue il y a une quinzaine d’années. Au dire de Penelli, le marquis Campana, fort importuné de l’indiscrétion des visiteurs étrangers qui lui demandaient des « souvenirs », faisait restaurer à leur intention des fragments sans valeur ou même fabriquer, par surmoulage, des terres cuites. Je donne ce témoignage pour ce qu’il vaut, car Penelli avait beaucoup d’imagination. Ainsi il m’a raconté, en 1883, qu’il avait, de concert avec son frère,

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