Ibid., t. V, p
REVUE ARCHÉOLOGIQUE
tombeaux étrusques de ce même peuple ». — « Nos artistes trouveront là des échantillons de ces écoles inconnues qui se perdent dans la nuit des temps, dont aucune date ne révèle l’époque, mais dont l’empreinte asiatique donne un large cours à toutes les conjectures; ils trouveront particulièrement, dans une série des vases de Nicostènes (sic), les échantillons les plus rares des plus beaux types de l’art céramique... On y remarque plusieurs spécimens uniques dans leur genre... C’est un tombeau de style archaïque en terre cuite, orné de statues peintes de grandeur naturelle, tombeau dans lequel on peut entrer et marcher, morceau unique dans la science et que le Saint Père n’a cédé, dit-on, que sur le désir exprimé par l’Empereur. » Ce tombeau, dans lequel on avait l’assurance de pouvoir marcher, fit taire toutes les hésitations; à l’unanimité de 92 bulletins blancs, le Sénat déclara ne pas s’opposer à la promulgation de la loi.
Le Musée Campana était à la France; il ne restait plus qu’à médire de l’acquisition.
Bien qu’il eût peint, nous dit-on, dans sa jeunesse « d’agréables petits sépias » 4, l’empereur Napoléon III était dépourvu de tout sens artistique, témoin la singulière faveur qu’il témoigna au Badois Winterhalter, dont les fades portraits d’après le couple impérial furent copiés pour un grand nombre de nos villes. D’ailleurs, l’Empereur ne connaissait pas, même par des photographies ou des dessins, la vaste collection que son fiat lux ajoutait au patrimoine du pays. Pour rendre à la France ce grand service, il avait pris une initiative tout à fait imprévue; il avait méconnu les principes de la hiérarchie administrative; il avait froissé Nieuwerkerke, tout puissant auprès de sa redoutable cousine ; il s’exposait de gaîté de cœur aux attaques de l’Opposition, dont les critiques, adressées à l’acquisition, devaient fatalement monter jusqu’à lui. Quelles raisons ont pu le déterminer à assumer une responsabilité de cet ordre, qui ne convenait pas ou convenait mal à un chef d’État?
Sans doute, l’exemple donné par l’autocrate russe, la pensée qu’il contribuait ainsi à la gloire de son principal, furent pour beaucoup dans sa détermination; mais d’autres influences vinrent s’ajouter à celles-là. On peut soupçonner d’abord, comme nous l’avons vu, celle de la famille Campana, dont l’Empereur se savait, mais ne pouvait se dire l’obligé; il est évident que les Campana avaient intérêt à la conclusion d’un marché qui achevait de