Reclus, Géogr., p
Yient ensuite la région des deux Syrtes^ entre lesquelles s'élevait sur la côte la ville de Leptis (Lebda), fondée par des habitants de Sidon qu'avaient chassés de chez eux les discordes civiles ^ Salluste reviendra plus loin sur ces deux golfes d'inégale grandeur : le plus vaste, celui de la Sidre, le plus petit, celui de Gabès; mais également pleins d'écueils et de bas-fonds, et, quand la mer est grosse et le vent violent, roulant dans leurs flots furieux le limon, le sable et les quartiers de roc ^ Puis l'historien nous signale les autels des frères Philènes, dont il nous racontera plus tard l'admirable et touchante histoire^ : hmite chèrement acquise de l'empire carthaginois, souvenir du moins impérissable d'un sacrifice héroïque et que ne valaient pas sans doute les steppes ingrats et sablonneux que se disputaient les deux peuples *. Enfin, non loin de l'embouchure du Bagradas, l'oued Medjerda moderne, qui traversait les régions les plus riches en céréales de l'Afrique septentrionale, assise sur un coteau riant et fertile, ombragé de massifs d'oliviers et d'orangers, et, de nos jours encore, tout paré de maisons de campagne, et qui, s'avançant dans la mer et se prolongeant jusqu'au milieu du vaste golfe de Tunis, fait comme une jetée naturelle et un havre splendide où
1. Sali., Jug., LXXVIII. Leptis magna, v. colonia victrix Julia Leptis, V. Neapolis (Champlouis).
2. Sali., ibid. Le poète commente ici excellemment la description de l'historien :
Nunc illas promite vires
Nunc animes, quibus in Gaetulis Syrtibus usi...
Mn., V, 191, Ed. Benoist.
Mnesthée fait allusion ici à la tempête du pr livre :
Furit festus arenis
Très notus abreptas in saxa latentia torquet
Très Eunis ab alto
In brevia et Syrtes urget, miserabile visu, lUiditque vadis atque aggere cingit arenae.
(^n., I, 106 sqq.)