Reclus, Géogr
2. Blidah avait, en 1872, 15,255 habitants ; le recensement de 1876 lui en donne 17,937 ; soit, avec quelques restrictions de calcul nécessaires, un excédant de 2500 personnes environ.
relative et la fécondité différente des diverses parties de la Berbérie et de nos trois départements algériens; le Tell du Maroc, beaucoup plus reculé vers le sud et arrosé de puissants cours d'eau, vaut ceux de Tunis et, de l'Algérie réunis ; plus resserré dans nos provinces d'Oran et d'Alger, le Tell est plus vaste dans notre province de Gonstantine, laquelle est aussi la plus riche; il expire dans la Tunisie à la limite de la Medjerda \
Au delà de cette première zone, « comme par transition entre les richesses de la nature et ses pauvretés, » s'étend une région aussi large que la première, celle des steppes, des hauts plateaux, comme on dit vulgairement, et des chotts. Ce ne sont plus les riches terres du Tell ; ce ne sont pourtant point encore ces terres plus dures et plus sèches, arides, inarrosées, incultes, que les Arabes désignent par le mot de Sahara. Ce sont des terres de pâture, qui subissent encore l'influence des températures plus fraîches de la zone maritime, et se couvrent d'un tapis continu de plantes qui en font d'immenses landes, de véritables steppes : « c'est le royaume de la vie pastorale ^ » On dirait d'une immense terrasse où l'on arrive depuis la mer, en gravissant les croupes étagées et comme les gradins du versant méditerranéen , et d'où l'on redescend vers le Sahara. Cette terrasse fait un peu cuvette, et se creuse légèrement en bas-fonds, où séjournent les eaux captives ; arrêtées comme par une double balustrade par les deux bourrelets de montagnes du versant nord et du versant sud, et ne trouvant plus d'issues vers la Méditerranée, elles s'écoulent par des pentes très-douces, par des plans légèrement inclinés vers de grands lacs salés appelés chotts ou sebkra, qui occupent le fond de ces plateaux. Ce qui caractérise vraiment les hauts