De Quatrefages. Revue des Deux-Mondes, 15 décembre
mieux à nos méridionaux, à nos Provençaux tout d'abord, qu'à nos compatriotes d'origine alsacienne ou flamande *.
Les Romains, nos devanciers, étaient là beaucoup plus à l'aise et avaient sur nous l'avantage.
En quittant l'Italie pour l'Afrique, ils ne changeaient guère de milieu ; ils retrouvaient les mêmes rivages, baignés des mêmes flots, dorés du même soleil, un ciel et un climat qui ressemblaient aux leurs ; comment ne se seraient-ils point reconnus et acclimatés sur ces côtes africaines d'où ils découvraient La Sicile ?
Tertia pars rerum Libye, si credere famsB Cuncta velis ; at si ventes cœlumque sequaris,
Pars erit Europaa
(Lucain, Pharsale.)
1. « L'Algérie convient mal à la race germanique ; mais en est-il ainsi de toutes ses parties? Son territoire, plus grand que celui de la France, n'est pas le même partout; il y a des régions sèches, des régions humides, des endroits d'où les effluves marécageuses sont aussitôt chassées par les vents, et d'autres, comme à Magenta, où elles restent en place et se condensent. Enfin il y a des altitudes de toute sorte. On sait, en effet, que pour la faune, comme pour la flore, s'élever de la base d'une montagne vers son faîte ou de l'embouchure d'un fleuve à sa source, c'est se déplacer du midi au nord. Sous les tropiques même, peuvent se rencontrer les conditions d'existence des latitudes tempérées 1 »
1. Instructions sur l'anthropologie de l'Algérie, par le général Faidherbe et le docteur P.,Topinard. — Voir aussi les intéressantes études de M. le docteur Ricoux, de Philippeville; et le discours prononcé à la séance de rentrée de l'École de Médecine d'Alger, par le docteur C. Gros. (Novembre 1874). — Je ne fais qu'indiquer d'un mot cet autre élément de la question : l'influence féconde des croisements.