‹ Esquisse d'une histoire de la conquête et de l'administration romaines dans le nord de l'Afrique et particulièrement dans la province de NumidieChapitre 59 sur 156 · Ib., p · texte numérisé non relu

Ib., p

lègue suffisait à contenir l'ennemi \ Ainsi, dès la déclaration de guerre, avant même l'ouverture des hostilités, une diversion puissante en Afrique était ehtrée dans le plan de campagne et apparaissait au sénat comme une nécessité stratégique. On sait comme tournèrent les événements, et cette série de coups de foudre : le Tessin, la Trébia, le lac Trasimène et Cannes. Pour Sempronius battu et pour son corps d'armée détruit, il ne pouvait plus être question de l'Afrique ^ Mais, lorsque la chance eut tourné, lorsque les deux Scipions d'Espagne, ramenant la fortune, eurent battu les Carthaginois et conquis la province, ils reprirent l'éternel projet et les anciennes convoitises.

Je ne puis pas ne pas m'arrêter ici, quand je devrais sembler même un peu m'attarder. J'ai plus qu'une tentation, j'ai l'occasion toute naturelle de montrer sur le fait, ici, dès le début, comment s'est déployé, dans la conquête de l'Afrique, ce merveilleux esprit de conduite par lequel, comme dit magnifiquement Bossuet^ les Romains s'avançaient à la conquête du monde; de mettre en action sous les yeux cette politique de prévoyance et ces qualités nationales de patience et de suite; et cela, non pas seulement chez les sages, chez les vieux du sénat, chez les Fabius inquiets et hésitants, chez les timides, mais encore chez les jeunes, les ardents et les ambitieux, chez un Scipion et ses pareils; non pas seulement aussi, l'œuvre une fois commencée, mais dans la mise en train, si je puis dire, d'une aussi redoutable

Page 1