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moyenne ni dans la nouvelle Académie , qui ne diffèrent entre elles que par la date de leur naissance et qui s'accordent à nier la possibilité de toute science (érrejrnp!) , pour n’admettre que des opinions plus ou moins probables (3s?« , m 1 Savôv). Espèce de criticisme avorté ou de scepticisme lâche et hypocrite qui n’ose pas avouer les conséquences qu’il porte dans son sein ; car , quelles que soient la réserve et la sagesse qu’on affecte dans la pratique, quand on nie la sience, il n’existe plus de méthode pour nous y conduire. Ce n’est pas non plus dans l’école mystique d’Alexandrie qui n’avait plus besoin de chercher des règles pour gouverner la raison, du moment où elle
1 II existe en effet plus d’an point de ressemblance entre les doctrines de la nouvelle académie et ccflërde Kant. Ainsi que ces dernières ",~eîirs séparaient entièrement la théorie de la pratique et relevaient dans celle-ci l’autorité du sens commun, qu’elles renversaient dans celles-là \ comme si la raison pratique et la raison théorique n’étaient pas une seule et même raison. Les disciples d'Enésidème et de Carnéades, aussi bien que les partisans de Kant, ne niaient pas la réalité des choses (i>tan\nrrii rpàyuaTa, das Ding an tich y de nos Germains) ; mais ils soutenaient que nous ne pouvons les saisir que par la manière dont elles affectent nos.
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admet une autre source de connaissances ou une espèce de révélation supérieure à la raison, et qui resta fidèle aux doctrines de VOrganum , tant qu’elle demeura dans les véritables limites de la science. Si donc quelques philosophes de l'antiquité., postérieurs au Stagyrite, se sont occupés de Logique et de méthode comme d’une science à part, ils ne peuvent appartenir qu’aux écoles d'Epicure et de Zénon , ou c’est Épicure et Zenon lu»— même. Nous savons en effet que le premier a écrit un ouvrage intitulé Canonique , c’est-à-dire , des canons ou des règles de la pensée , et que la Logique était une partie très-importante de la philosophie des Stoïciens. Nous allons jeter un coup-d’œil rapide sur leurs systèmes.
6eos, que nous tes voyons seulement telles quYlles nous paraissent, et non pas telles qu’elles sont : c’est là certainement la signification qu’il faut attacher au mot ysyrxaia, qui est très-bien traduit dans le système allemand par Ertchai-. nung. Mais le philosophe critique, par sa profonde analyse , mi t à découvert les ressorls et les procédés les plus cachés do la pensée , tandis que le philosophe grec ne sort pis des limites de la sensation. (Voir Cic. acad. Valent. , introd. ad acad. l>iog. Lacrt. — Sext. Empiric.)
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Il est vrai que l’ensemble des doctrines d’Épi— cure , c’est le sensualisme , dans ce sens qu’il n’admettait comme réelles que les choses qui tombent sous nos sens ; mais il ne faudrait pas en conclure qu’il a recommandé et qu’il a luimême mis en pratique les règles d’une sage expérience. Le sensualisme le plus grossier , le plus exclusif est souvent le résultat d’un dogmatisme sans frein , et il n’est pas rare , d’un autre côté , de voir les partisans les plus zélés de la méthode d’observation arriver à l’idéalisme et à toutes ses conséquences. Ainsi, Hobbes le matérialiste se distingue entre tous les philosophes modernes par l’inflexible rigueur de ses démonstrations r par la raideur de son allure presque géométrique» On n’accusera pas non plus, j'espère, Descartes et Kant d’avoir été étrangers à l’expérience. Le procédé le plus important , la base de la méthode expérimentale , c’est l’induction 5 et Epicure n’en a pas parlé } du moins, aucun historien de la Philosophie , soit ancien ou moderne, ne nous autorise aie supposer. Sa Canonique, telle qu’elle nous a été conservée, éparse dans les anciens monuments et reconstruite avec une sorte d’unité systématique , dans les œuvres de Gassen—
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di 1 , ne renferme guère que les principes généraux, que le fond de XOrganum sans la forme , pour laquelle on affecte un mépris très-injuste, quand même il ne serait pas une inconséquence. Toutes les questions sont divisées en deux classes : les questions de mots et les questions de choses. ' Pour celles-ci on n’exige que de la clarté (a«fwtov), c’est- à— dire, de bonnes définitions} pour résoudre celles-là , il faut savoir faire une juste appréciation et un usage légitime de nos différents moyens de connaître. Toutes nos facultés intellectuelles, ou plutôt tous les faits qu’on peut désigner sous les noms généraux de connaissance et de pensée , sont au nombre de trois que l’on appelle les critérium, de la vérité 1 ° la sensation (ôra5wriç) } 2° le jugement ou l’opinion (3 o£*) ; 3° les idées générales désignées sous le nom d 'anticipa— tions(i:pi}j)ÿti). Il yaenoutrelespassions^aSéu*-»), auxquelles on reconnaît une valeur logique, puisqu’elles sont proclamées juges souverains en matière de morale } puisqu’on n’admet pas d’autres moyens de discernement entre le bien et le
1 Institutioncs logic., logic. Epicure, tome 1 de scs œuvres compl., tom. 3 et 5.
mal : mais les limites de notre sujet ne nous, permettent pas de nous en occuper. La sensation se rapporte toujours à des objets particuliers et concrets; elle est le critérium par excellence , le critérium infaillible sans lequel tous les autres n'auraient aucune valeur ; car le raisonnement repose sur le jugement qui lui-même s’appuie sur la sensation. Elle est le principe de toutes nos connaissances et n’est pas plus susceptible de démonstration que de réfutation. Tous nos sens indistinctement ont la même autorité. opinion , dans le système d’Epicure, n’est pas autre chose que cet acte libre de la pensée par lequel nous réunissons , nous divisons et combinons de mille manières les notions particulières qui nous viennent à la suite de la sensation. C’est ce que tout le monde appelle le jugement. Lui seul peut nous tromper et nous trompe en effet, toutes les fois qu’il ne repose pas immédiatement sur le témoignage de nos sens. Ces derniers ne doivent jamais être accusés des illusions dans lesquelles nous tombons quelquefois. Enfin , les anticipations sont des idées générales que nous formons librement par une suite d'abstractions et de comparaisons entre des idées
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purement sensibles. Elles désignent les derniers termes de toute classification et sont exprimées par des définitions. Nous sommes obligés de les supposer avant de raisonner $ mais elles sont elles-mêmes précédées de la sensation et d’une suite d’opérations qui n’ont rien de commun avec celles qui nous livrent l’absolu ou les principes à priori. Aussi les a-t-on justement définies une espèce de souvenir d’un phénomène extérieur fréquemment répété ( u.vft>xr,v roO r.6Xkx>uç ipavEvtos) 1 , car du moment où l’on ne reconnaît nulle part le caractère de l’absolu, le général n’est évidemment qu’un simple phénomène qui reparaît uniformément et constamment au milieu des autres. Gassendi qui, dans son caractère personnel^et dans ses œuvres , n’est pas autre chose, comme on sait, qu’Epicure lui- même ressuscité au dix-septième siècle , explique de la même façon la formation de nos idées qu’il désigne indistinctement sous le nom d 'image ; il soutient même que l’idée la plus absolue dont nous puissions être en possession , que l’idée de
1 Diog. Lacrt. , lîv. 10, Plut, de plac Piiilos. , liv. 4. Gassendi , hist. log.
Dieu n’est qu'une image sensible plus ou moins imposante 1 . On voit qu’il n’est pas besoin d’un grand effort d’intelligence pour reconnaître , dans le peu que nous venons de dire , la plupart des principes exposés dans les secondes Analytiques , et surtout dans le dernier chapitre de ce traité 2 , où Aristote abandonne en effet la forme , c’est-à-dire le syllogisme , pour s’occuper du fond même de la démonstration et de la pensée. Seulement , Epicure , en ceja plus conséquent , mais d’un génie beaucoup moins large et moins élevé qu’ Aristote , n’accorde pas à ses idées générales une valeur et une dignité dont elles sont exclues par leur naissance.
L’école de Zénon a montré de l’originalité , elle a vraiment contribué aux progrès de la science , en donnant à la morale une base solide qui lui manquait auparavant $ en mettant à découvert le principe du devoir, et, ce qui est mieux
1 Log. de Gassendi , prem. pari, de imaginalione. Celte Logique de Gassendi , c’est celle d’Ëpicurc , à laquelle on a ajoute les règles du syllogisme avec quelques changements sans importauce.
3 Ce chapitre est presque traduit entièrement daus notre Analyse de l'Organum.
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encore , en le pratiquant dans toute sa pureté , également éloignée et du mysticisme et du sensualisme. Mais la Logique qu’elle a prétendu fonder n’est , dans le fond et dans la forme , qu’une servile imitation de celle d’Aristote dont elle ne diffère que par quelques expressions plus v ou moins bizarres. Relativement à ce sujet , Cicéron a bien raison de dire que les Stoïciens se distinguent des Péripatéticiens par les mots plutôt que par les choses : « Stoicos à peripateticis non rebus dissidere , sed verbis. •» En effet , s’appuyant hautement sur cette opinion de Platon , dont nous avons déjà fait mention, que la pensée n'est qu'une parole intérieure ou un dialogue sans voix , ils attachaient la plus haute importance à toutes les formes extérieures de la pensée , mais surtout à la théorie du syllogisme. « Évxpr/T73C7r,v 3è tpâatv elvai rév i:ipi rüv ovXh>yi<jpuM 6'u>pûxv *. » Elle faisait la matière principale de leur Dialectique , qu’ils définissaient la science du vrai , du faux et des choses qui rü appartiennent ni à F un ni à F autre , c’est-à-dire , les choses
1 Diog, Lacrt., liv. 7, Zenon et Clirysipp.
probables L Il est facile de voir que cette simple définition ne fait que reproduire le plan général de F Organum , car la science du vrai , Fart de j j trouver la vérité , c’est le traité des Analytiques. L’erreur et les diverses formes sous lesquelles on peut quelquefois la déguiser font la matière des Arguments Sophistiques $ et enfin les Topiques, plus justement désignés sous le nom de Dialectique , enseignent expressément Fart de raisonner sur des probabilités 2 . Le mot Logique avait pour Zénon et ses disciples une signification bien plus étendue , car il désignait à la fois et la science ■? ^
dont nous venons de donner la définition , et la Rhétorique, qu’ils considéraientseulement comme deux parties distinctes d’une même science , ce qui met plus en évidence le rapport que nous avons établi plus haut entre l 'Organum et la
' ÊncnfyMiv à) rfiu-j «xaî <j/rj85v xal ijà srépwv (ib. sop. Sextus Empiric. adv. Math. , p. 469. — Quelquefois elle était définie d’une manière plus conforme à son titre : il «5
opOüs ctxii'/eadsa ntpl rwv h ipùrrfioti xxl Amxpiau XAyuv (ib).
’ Voir notre Analyse , introd. et commenc. de ces différentes parties.
APRES ARISTOTE
Rhétorique d’Aristote . La Dialectique stoïcienne, considérée dans toute sa généralité et dans le fond même des matières dont elle s’occupait plutôt que dans l’usage qu’on en pouvait faire, était partagée en deux moitiés , dont l’une traitait des opérations mêmes de l’intelligence , de nos idées , de leur formation et de la confiance qu’elles méritent ( rà cw/zavépîva ) 5 dans l’autre , j il n’était question que des figures sous lesquelles elles sont exprimées par la parole , et en général de tous les signes et de toutes les formes de langage ( rà Tik fcüv^ç) 1 . Mais, encore une fois, dans tous les fragments que nous en ont conservés les plus anciens monuments de l’histoire de la Philosophie j dans toutes les citations qu’on peut rassembler sur ce sujet , on ne découvrirait pas une seule pensée originale qui ait vraiment reculé les limites de la science , à moins qu’on n’attache une importance exagérée à quelques 1 détails qui appartiennent à la grammaire plutôt qu’à la Logique.
* T»iv StaltxTUtiv Suaptiaflau «s Tt t»v rspi tûv vqumKijtC-Juii xxl tïs yuyftt Timv (Diog. Laërt.).
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Les Stoïciens , aussi bien que les Péripatéticiens , comparaient l’esprit à une table rase 1 , sur laquelle vient s’imprimer fortuitement, sans le concours de notre volonté ( yjxzà. Kepln-omv) , l’image des objets dont nous pouvons avoir connaissance. Cette image, ou, plus généralement, cette modification de l’esprit, qu’ils appelaient ipovraaia , n’est pas la sensation , mais elle doit venir à la suite de la sensation , et ils l’assimilaient à l’empreinte plus ou moins nette que produit un cachet sur la cire 2 . Selon d’autres, elle était ainsi appelée du mot ©wç , qui signifie lumière ; parce que, semblable à la lumière, en même temps qu’elle éclaire les objets, elle s’éclaire et se réfléchit elle-même 3 . C’est exactement la comparaison qu’emploie M. de Bonald, quand il veut démontrer
' Plut. , liv. 4, ch. 8 de plac. philos. Valentia introd. ad Âcadem.
3 T r,v ^pavraitav «Ivat Ttîjrwffiv ^ ôvôfxaroç ôixttuç fjxrt-
vriVty/Aivoj Arro t&v TUTrtov èv tû xr,pw urrJ» ro5 oaxrvMov yivo txéw» (Diog. Lacrt. loca cil).
s H/pr,rxt ^avraff£a àrè tou , xxrArzp yàp to àvrè
Sefxvuat xstl ri aXXà ri èv AurtS TrîpiE^fytEVx, xat -fi çiavTXTi'a ôefxvvoi iau'rrjv xaî. ro rs7roi7 ( xô* àvTÈjv. Celte définition est de Chrysippe, si nous en croyons Plutarque (Plac., phil. , liv, 4, ch, 12).
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