‹ Esquisse d'une histoire de la tragédie françaiseChapitre 68 sur 88 · VIL HOUDART DE LA MOTTE · texte numérisé non relu

VIL HOUDART DE LA MOTTE

[Nos. 8274, 8277, 8280.]

Caractère de La Motte: cartésien et homme du monde.

(a) Critique systématique du système de la tragédie.

Il rejette les unités, la simplicité d'action, les conventions établies en faveur de l'analyse psychologique, les longues tirades de Racine, les sentences brèves de Corneille, et même, enfin, le vers.

Il demande du spectacle, d'après l'opéra, et d'après les pièces anglaises.

Son principe est: le plaisir est la règle suprême. Tout ce qui plaît est régulier.

Mais par ce même principe il rétablit tout ce qu'il a condamné, puisque le public français s'y plaît: règles, unités, vers, galanterie, psychologie de convention, etc.

Il s'accorde avec le public pour demander du touchant et du tendre.

(b) Timidité de ses œuvres.

Cinq tragédies (i 721-1730), dont Romulus et les deux Œdipe sont à écarter.

La Motte avait fait beaucoup de livrets d'opéras: il en a retenu l'habitude d'intriguer lâchement, et de disposer le sujet en tableaux.

L'influence de l'opéra est visible et heureuse dans les Macchabés (1721): l'action donne lieu à des couplets et à des duos de tendresse exaltée et d'enthousiasme mystique Mais il manque à La Motte d'être poète.

Inès de Castro, 1723. La Motte éteint la couleur du sujet supprime l'épisode caractéristique, ne garde que les situations doucement attendrissantes.

Il réussit à faire pleurer.

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