‹ Esquisse d'une histoire de la tragédie françaiseChapitre 7 sur 88 · I. Première Etape. Le nom de tragédie (xiv° siècle, Oresme · texte numérisé non relu

I. Première Etape. Le nom de tragédie (xiv° siècle, Oresme

La notion médiévale s'affirme et s'enrichit, moins par Aristote — qui n'aura en France jusqu'à la fin du xvic siècle que peu d'action — que par les éditions et commentaires de textes antiques, qui contiennent souvent un véritable cours d'art théâtral, de tragédie et de comédie.

[L'influence et l'autorité d'Aristote établies en France par Scaliger, I56i,et par Castelvetro, 1570 (2847 et 2848); puis par la critique italienne de la fin du xvie siècle et du début du xviie (autour du Pastor fido), et par Heinsius, 1611 (4891).]

Donat et Diomède sans cesse réimprimés sont confrontés avec Horace, Vitruve, Térence, Sénèque; apport de chacun de

ces auteurs.

[Editions de Térence (Josse Bade, 1504, Rouen; Robert Estienne, 1529, Paris; Jean de Roigny, Paris, 1552; Lyon, I559î Paris, 1602); de Sénèque (Josse Bade, 1514); d' Horace (Josse Bade, 1629; Robert Estienne, 1533); d'Euripide (Gaspar Stiblinus et Micyllus, Bâle, 1562), etc.]

IL Deuxième Etape. On retrouve la notion de la représentation: Il n'y a de poésie dramatique véritable el complète que sur le théâtre, par le décor et les acteurs.

Représentations de pièces antiques à Rome et en Italie, en Flandres, en Allemagne, en Angleterre.

[Pomponius Lsetus et ses élèves à Rome, vers 1470. Hippolyte de Sénèque, chez le Cardinal Raphaël Riario.]

III. Troisième Etape. La révélation de l'art grec. Difficultés de la langue et des textes. Seules agissent les tragédies traduites: 8 ou 10 avant 1554.

[Traductions latines.

Hécube, Iphigénie, par Erasme, 1506, etc. Traductions italiennes.

Antigone, par Alamanni, 1533 (dédicace du volume à François I).

Hécube, par Bandello (dédicace à Marguerite de Navarre), etc.

Traductions françaises.

Electre, de Sophocle, par Lazare de Baïf, 1537.

Hécube, par Bouchetel, 1545.

Iphigénie, par Sibilet, 1549.]

L'impression que la tragédie représente l'instabilité de la grandeur et de la félicité humaines, qu'elle veut des spectacles cruels et pitoyables, se confirme.

IV. Quatrième Etape. On écrit et représente des pièces originales en latin.

Dès le xive siècle, tragédies de Muzzato, Loschi, Corraro, en Italie.

A la fin du xve siècle représentations à Ferrare et à Rome de pièces de Landivio, de C. Verardi, de C. et M. Verardi.]

Les premières tragédies imprimées en France sont d'un

Italien, Quintianus Stoa (G. Fr. Conti), attaché à Anne de

Bretagne.

[Theoandrothanatos (Passion, écrite dès 1508, imprimée

Theocrisis (Jugement dernier), 1514.]

Dialogues de Ravisius Textor (moralités latines), jouées au collège de Navarre, de 1501 à 1524.

Le Christus Xylonicus (Passion) de Barthélémy de Loches,

Il n 'y a dans ces essais que le style, la rhétorique.

La forme et l'esprit delà tragédie apparaissent avec Buchanan —

[Médée, Alceste, Saint Jean Baptiste, Jephté: tragédies jouées au collège de Guyenne entre 1539 et 1545 — deux traductions, deux pièces originales.]

et Muret—

[Juliîis Cœsar tragœdia, jouée à Bordeaux vers 1546, impr. 1552 ou 1553.]

Importance de Muret qu'on trouve successivement à Bordeaux, à Poitiers, à Paris.

V. Cinquième Etape. Révélation et diffusion en France d'un art italien original.

L'Italie crée une tragédie en langue vulgaire.

[Trissin, Sophonisbe, 1515. Jouée (?) devant Léon X; impr. 1524.

La Rosmunda de Ruccellai, non jouée: impr. 1525.

Représentation éclatante de VOrbecche de Giraldi Cinthio à Ferrare en 1541.]

Qu'en a-t-on connu en France?

Livres italiens circulant en France; Français voyageant en Italie.

Mais surtout l'art scénique italien pénètre en France.

[Par les comédiens italiens; par les architectes et décorateurs engagés au service de François I (Serlio).]

Entrée de Henri II et de Catherine de Médicis à Lyon: Représentation, le 28 septembre 1548, de la Calandria de Bibbiena. C'est une comédie, mais c'est l'art antique qui est pour la première fois offert à la cour de France dans une imitation originale.

[Brantôme, éd. Lalanne, vol. iii, p. 256.]

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