‹ Esquisse d'une morale sans obligation ni sanctionChapitre 34 sur 53 · SANCTION MORALE ET JUSTICE DISTRIBUTIVE · texte numérisé non relu

SANCTION MORALE ET JUSTICE DISTRIBUTIVE

Déjà Bentham, Mill, MM. Maudsley, Fouillée, Lombroso se sont attaqués à l'idée de châtiment morsd ; ils ont voulu enlever à la peine tout caractère expiatoire et en ont fait un simple moyen social de répression et de réparation; pour en venir là, ils se sont généralement appuyés sur les doctrines déterministes ou matérialistes, encore discutées aujourd'hui; aussi M. Janet, au nom du spiritualisme classique, a-t-il cru devoir maintenir malgré tout, dans son dernier ouvrage, le principe de l'expiation réparatrice des crimes librement commis. « Le châtiment, dit-il, ne doit pas être seulement une wenace qui assure l'exécution de la loi, mais une réparation ou une expiation qui en corrige la violation. L 'orrfre troublé par une volonté rebelle est rétabli par la souffrance qui est la conséquence de ia faute commise^. » — « C'est surtout à la loi morale,

1. Par exemple M. Renouvier: « Il est permis de voir dans la rémunération future un prolongement naturel de la série des phénomènes qui, dès à présent, mettent les conditions fondamentales et même les conditions physiques du bonheur dans la dépendance de la moralité. » (Science de la morale, p. 290.)

2. M. Janet, Traité de philos., p, 707. «La première loi de l'ordre, avait dit V. Cousin, est d'être fidèle à la vertu ; si l'on y manque, la seconde loi de l'ordre est d'expier sa faute par la punition... Dans l'intelligence, à l'idée d'ifqustiçe correspond celle de peine.» Deux

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