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CRITIQUE DE L'IDÉE DE SANCTION. J4i
rang de nos notions morales, appelle en effet naturellement, sous une forme ou une autre, celle d'une justice céleste.
Nous voudrions ici esquisser la critique^ de cette importante idée de sanction, pour la purifier de toute espèce d'alliance mystique. Est-il vrai qu'il existe un lien naturel ou rationnel entre la moralité du vouloir et une récompense ou une peine appliquée à la sensibilité? En d'autres termes, le mérite intrinsèque a-t-il droit de se voir associé à une jouissance, le démérite h une douleur? Tel est le problème, qu'on peut encore poser sous forme d'exemple en demandant : — Existe-t-il aucune espèce de raison (en dehors des considérations sociales), pour que le plus grand criminel reçoive, à cause de son crime, une simple piqûre d'épingle, et l'homme vertueux un prix de sa vertu ? L'agent moral lui-même, en dehors des questions d'utilité ou d'hygiène morale, a-t-il à l'égard de soi le devoir de punir pour punir ou de récompenser pour récompenser?
Nous voudrions riontrer combien est moralement condamnable l'idée que la morale et la religion vulgaires se font de la sanction. Au point de vue social, la sanction vraiment rationnelle d'une loi ne pourrait être qu'une défense de cette loi, et cette défense, inutile à l'égard de tout acte passé, nous la verrons porter seulement sur l'avenir. Au point de vue moral, sanction semble signifier simplement, d'après l'étymologie même, consécration, sanctification; or si, pour ceux qui admettent une loi morale, c'est vraiment le caractère saint et sacré de la loi qui lui donne force de loi, il doit impliquer, selon l'idée que nous nous faisons aujourd'hui de la sainteté et de la divinité idéale, une sorte de renoncement, de désintéressement suprême ; plus une loi est sacrée, plus elle doit être désarmée, de telle sorte que, dans l'absolu et en dehors des convenances sociales,
il véritable sanction semble devoir être la complète impct- e de la chose accomplie. Aussi verrons-nous qu^ tu^ iustice proprement pénale est injuste ; bien plus, toute us CdâiLti^e a un caractère exclusivement soaal el^n peut se justifier qu'au point de vue de la société . dune Lnière'générale, ce que -s appelons ;«s.-^^^^^
notion tout humaine et relative ; la «^-^'«f "^^/^^^C- (sans la signification pessimiste que lui donne Schopen Suer) est une idée vraiment universeUe, que rien ne peut limiter ni restreindre.
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