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MÉCANIQUE ÉNERGÉTIQUE

A la lumière des considérations précédentes, nous verrons, dans la science traditionnellement désignée sous le nom de mécanique, une théorie du travail et de l'énergie de mouvement. 11 n'y a pas de doute, la statique est bien une théorie du travail, tandis que la dynamique, laissant de côté la question de l'énergie de mouvement en elle-même, traite des phénomènes de transformation du travail en cette forme d'énergie, et réciproquement. Nous retrou-

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verons plus tard des relations du môme genre, mais plus complexes : nous reconnaîtrons dans chaque partie de la physique la science d'une forme particulière d'énergie ; et la connaissance de cette forme doit se compléter par l'étude de tous les rapports suivant lesquels elle se change en espèces d'énergie déjà connues. Ce n'est certes pas que l'on ait rigoureusement suivi ce système dans la division traditionnelle de la physique ; car on a considéré les organes des sens chez l'homme, et l'on a tiré de leurs différences un principe de division qu'il est difficile de faire abandonner. Il n'appartient pourtant pas au domaine'de la physique, mais à celui de la physiologie, et il faut le condamner si l'on veut arriver à une systématisation exacte.

La mécanique est, de toutes les sciences physiques, celle qui s'est formée le plus tôt, au cours du développement historique. Ce qui y a contribué, c'est d'abord la très grande extension des phénomènes mécaniques et leur importance pour l'organisation de la vie ; c'est encore, en dehors de cela, la simplicité relative de leurs principes, qui en a de bonne heure rendu possible la découverte. Tout spécialement, la mécanique a été entre toutes les parties de la physique, la première science que l'on ait pu traiter malhémaliqiiement dans une large mesure. Sans doute cela ne pouvait se faire que si l'on supposait des concepts idéalisés, machines parfaites, ou autres choses du même genre : aussi '^n'at-il pas été rare que les conclusions de la mécanique n'eussent que de lointains rapports avec la réalité. On n'a pas toujours évité la faute de perdre de vue le problème physique, et de faire de la mécanique un chapitre de mathématiques ; l'on n'a que récemment commencé à se rendre compte que la méca-

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nique classique, pour s'être limitée arbitrairement aux cas où l'on a poussé très loin l'idéalisation, s'est exposée en général au danger d'oublier trop le but de la science.

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