‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 20 sur 229 · LIVRE X®. — CHAPITRE lie · texte numérisé non relu

LIVRE X®. — CHAPITRE lie

La Science aussi s'accroît, se dilate, suivant dans son progrès le progrès même des êtres. L'étude des corps organisés ouvre de nouvelles perspectives à la physique et à la chimie, leur offre un nouveau champ de recherches importantes aussi compliquées que difficiles; car l'action des lois purement physiques et chimiques de la nature morte, modifiée par celle des lois propres de la vie, engendre des phénomènes souvent très-obscurs dans leur causes multiples et complexes.

A mesure, en effet, qu'il se produit de nouveaux êtres, ils ont, non pas leur cause spécifique efficiente, mais leur racine dans les êtres antérieurs, et les résument en ce sens que leur forme d'un ordre plus élevé implique les formes inférieures qu'elle s'approprie en les modifiant par son énergie essentielle; de sorte qu'un triple lien unit constamment les termes successifs de la série ascendante des êtres, chaque forme, chaque essence, chaque nature enfermant d'une certaine manière : 1® les natures, les essences, les formes plus simples ou moins parfaites qui Font précédée dans l'évolution génésiaque des choses; 2° leurs lois subordonnées aux siennes; 3° leurs éléments étendus qu'elle s'assimile, sans quoi elle demeureroit éternellement une pure idée, et qui sont dès-lors une condition nécessaire •de sa réalisation effective dans l'espace et le temps.

40 11* PAUTIE. — DE L'HOMME.

La science des corps organisés se divise d'abord en deux branches, caractérisées par les différences qui distinguent le végétal de l'animal, et ces deux branches se divisent elles-mêmes en un nombre indéfini de sciences partielles liées l'une à l'autre, dépendantes Tune de l'autre, mais qu'il a fallu séparer pour proportionner aux forces individuelles de l'homme le travail qu'elles exigent. Ainsi, la connoissance complette de chaque être soit végétal, soit animal, de son origine et de son développement, implique des recherches variées d'où naissent l'anatomie, l'organogénie, la physiologie, la pathologie, ou, dans chaque classe, chaque famille, chaque genre, chaque espèce, l'étude des organes et de leurs fonctions, à l'état anormal comme à l'état normal, et enfin des instincts par lesquels se révèle la nature intime des êtres animés, la fin ou le but de leur existence dans l'unité du tout.

Que si, par la pensée, on rapproche ce que les bornes de la pensée même ont forcé de diviser pour en faciliter l'étude, les sciences partielles ainsi réunies, ou l'ensemble des résultats dus au progrès de chacune d'elles, constituent l'histoire naturelle, dans laquelle il faut distinguer les simples faits isolément fournis par l'observation, et l'enchaînement de ces mêmes faits, leur classification, qui doit représenter l'ordre réel établi entre les phénomènes au sein de

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