‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 220 sur 229 · LIVRE XII«. — CHAPITRE Xe · texte numérisé non relu

LIVRE XII«. — CHAPITRE Xe

ce fait presque universel, rexercice des facultés spirituelles étant attaché à des conditions physiologiques, il existe entre l'organisme et ces facultés supérieures une solidarité qui implique des influences réciproques. Les passions de toute sorte, Ta.^iour, la haine, le désir, la crainte, l'envie, la tristesse, la joie, la simple pensée même, agissent directement sur les organes et les modifient en soi et dans leurs fonctions, comme aussi, à leur tour, les organes prédisposent l'être pensant et sentant à un certain ordre de pensées et de passions habituelles. La médecine doit donc embrasser, dans ses théories et dans sa pratique, ces actions diverses tellement liées, qu'en les séparant il n'existeroit, à l'égard de l'homme, ni vraie physiologie, ni vraie pathologie, ni vraie thérapeutique. Et ici apparoît clairement la liaison essentielle de toutes les branches dont se compose la Science une, la liaison des sciences physiques, chimiques, physiologiques, et des sciences qui ont pour objet Tétre inteUigent et moral. Comme, en traitant de celles-ci, on arrive forcément au point où s'opère leur jonction avec les premières, on se retrouve au même point, après avoir suivi, dans un ordre inverse, le développement de la connoissance, identique au développement de la Création.

Qu'est-ce, en effet, que la Science, sinon les choses vues par l'esprit dans leur type immuable.

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leur éternelle essence, selon Tordre des rapports qui les enchaînent idéalement au sein de l'Être absolu? Sous les conditions du fini, elles le représentent, le reproduisent réellement au-dehors de lui-même, par une évolution sans terme, dont les lois ne sont que ses propres lois. Rien donc d'arbitraire, rien que n'ordonnent et ne règlent des causes primitivement nécessaires dans cette évolution magnifique. Et comme ces causes nécessaires, divines, sont la raison des êtres produits, elles sont aussi les principes premiers et fondamentaux de la Science, de la Science générale et de chaque science particulière, qui les rapporte à quelques-uns seulement de leurs effets. Ces sciences partielles ne dépendant, quant aux bornes qui les circonscrivent, ou aux divisions qu'on y établit, que de certaines convenances relatives à la facilité du travail, elles peuvent être indéfiniment nombreuses. C'est pourquoi, n'offrant rien de suffisamment caractéristique dans leur distinction, nous n'avons pas dû nous y arrêter, notre but étant, non d'exposer les détails de la Science, mais de rechercher les bases sur lesquelles elle se fonde philosophiquement. Si ce qu'on a lu peut servir, en une mesure quelque foible qu'elle soit, à avancer ce dessein, nous jugerons nos efforts assez récompensés. Ce qu un commence d'autres le poursuivent, et le progrès de l'esprit

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