‹ Esquisse d'une philosophie (volume 2)Chapitre 222 sur 229 · LIVRE Xlie. — CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE Xlie. — CHAPITRE XI

substantiellement un soit doué de propriétés diverses, incompatibles en ce sens qu'elles ne sauroient jamais se résoudre l'une dans l'autre, sans quoi elles ne seroient pas radicalement diverses, mais compatibles, au plus haut degré, quant à leur co-existence dans la substance qui les implique toutes avec une égale nécessité, comme elles s'impliquent ellesmêmes réciproquement, de telle sorte que Fexistence de Tune seroit contradictoire sans l'existence des autres, et qu'ainsi en les aflirmant à la fois dans la substance une, ce n'est pas une contradiction qu'on affirme, c'est une contradiction qu'on évite et qu'on nie.

L'idée de variété, qui n'est que l'idée de détermination ou de forme, contient encore, sous un autre aspect, l'idée de multiplicité, et d'une multiplicité indéfinie, quant à la diversité possible des formes. Appelant type, idée, chacune de ces formes distinctes qu'enveloppe en soi la forme infinie, chaque idée, chaque type implique: V Quelque chose de positif qui constitue son essence propre ; 2" Quelque chose de négatif qui le sépare des autres types, l'en distingue en le terminant. Evidemment on ne sauroit se former aucune notion positive de ce principe dont la fonction unique est d'opérer la distinction, car ce seroit s'en former une notion contraire à son essence, ce seroit le nier. Ce n'en est pas moins quelque

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chose de réel, puisque la distinction est réelle, et conséquemment quelque chose de substantiel ou d'inhérent à la substance, dans laquelle il se spécifie, en opposition avec ce qu'elle contient de positif ou ce qu'on a nommé ses propriétés, par sa fonction purement négative. Abstraitement considéré, il a pour expression le nombre, lequel a sa racine dans l'unité infinie, absolue, sans laquelle il ne seroit en aucune façon, et marque, dans cette unité immuable et inaltérable, d'idéales distinctions que caractérise en commun la notion du fini identique à celle de divisibilité.

Cela posé, créer pour Dieu, c'est réaliser au dehors de lui-même les formes diverses, les idées, les types éternellement subsistants en lui, et, par conséquent, réaliser tout ce sans quoi ils ne peuvent ni exister, ni être conçus, ce qu'ils ont d'essentiel ou de positif, et ce qui les distingue les uns des autres en les terminant, ou, en ce sens, ce qu'ils ont de négatif.

Ainsi la réalisation extérieure à Dieu d'un être quelconque, implique dans cet être un fonds substantiel, une participation de la substance une et infinie et des propriétés qui y sont inhérentes, la force, la forme, la vie, ou la propriété qui unit les deux autres. Elle implique, en outre, pour que cet être soit individuellement distinct de Dieu et des

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