LIVRE XI1«. — CHAPITRE XI*. 44Î
autres êtres, ou soit véritablement, elle implique, disons-nous, quelque chose qui le sépare d'eux en le circonscrivant. Pure idée divine, ce qui le circonscrit, le termine, c'est, comme il vient d'être expliqué, le principe qui opère idéalement la distinction; être réel, le même principe réalisé extérieurement à Dieu, devient une limite effective, et cette limite est ce qu'on nomme matière.
Distincts de Dieu, séparés de Dieu essentiellement, éternellement, par Tincompatibilité réciproque de leurs modes d'être respectifs, contradictoires dans le même être qui ne sauroit être à la fois illimité et limité, infini et fini, les êtres finis n'ayant d'ailleurs d'être que celui qui leur est communiqué, que par une participation de la substance et des propriétés divines, il s'ensuit que leurs lois sont les lois mêmes de Dieu, modifiées en chacun d'eux par la Hmitation correspondante à leur nature ou au type immuable qui les spécifie.
Autant que notre foiblesse nous l'a permis, nous avons exposé ces lois universelles, qui ne sont que les lois indissolublement fiées de la force, delà forme et de la vie dans les différents ordres d'êtres; et montrant de quelle manière ces êtres s'enchaînent par un développement continu sans terme assignable, nous sommes ainsi arrivé à l'homme, le plus parfait de tous, parmi ceux que nous connaissons.
Comme être organique et comme être intelligent et moral, il devient, dans la seconde Partie, le sujet de notre étude. Résumant comme être organique, les êtres inférieurs, il résume dès-lors pareillement leurs lois, modifiées selon sa nature dont la complexité plus grande marque un plus haut point de l'évolution progressive du type infini de la Création. De même, en effet, qu'avec le progrès que caractérise l'organisation animale, étoient apparus la sensibilité, l'instinct, les perceptions du réel et la puissance de les combiner en une certaine mesure, ainsi des facultés nouvelles caractérisées par une différence non pas seulement de degré, mais d'ordre, se manifestent dans l'homme. Elles ont leur origine commune, leur racine, dans le sens interne au moyen duquel il perçoit, au-dessus du relatif, du limité, du contingent, l'Etre absolu et, en lui, les idées nécessaires, leurs rapports et leurs lois également nécessaires. Uétude de l'homme, dans la sphère oii ces facultés l'introduisent, est immense comme elle, car elle embrasse, quant à son objet, l'Etre sous ses deux modes infini et fini, Dieu et rUnivers unis et distincts.
Considéré en soi, dans son essence typique indéfiniment reproduite sous la condition de la multiplicité individuelle, l'homme, ainsi que les autres êtres, participant à tout ce que contient nécessairement